par Nora Vieras

Mario Sandoval a fait son apprentissage, dans la mal famée Coordination Fédérale Argentine et il s’est ensuite « internationalisé » en tant qu’expert.

Mario Sandoval s’est installé à Paris, il est devenu membre du Conseil de Défense du Président Nicolas Sarkozy. 

Le brillant curruculum de Sandoval a un passé trouble : pendant les années 70, il sort diplômé de l’Ecole de Police Ramón Falcón. En 1976 avec le grade d’inspecteur il est destiné à la Commission des Affaires Politiques, où il a travaillé avec Evaristo Basteiro chef du centre clandestin, centre qui avait abrité la Coordination Fédérale Argentine. Sandoval a été capable de réussir sa carrière et de faire ostentation de ces "contacts" en Colombie. Il a fait partie aussi de la mission française dans les négociations pour libérer Ingrid Betancourt. Il est vrai qu’il y a perdu le rôle principal car "ses amis" étaient du côté des paramilitaires et ce n’est pas la meilleure carte à présenter pour arriver aux FARC.

En 1977 Sandoval résidait à la rue Moreno 1417, 7ème étage, là même où se situe le siège de la Coordination Fédérale de la Police Argentine. Dans le dossier numéro 1076/1163 de la Commission Nationale sur les Disparitions des Personnes (CONADEP) il se voit impliqué et mentionné dans l’enlèvement d’un étudiant en architecture de Belgrano quartier nord de Buenos Aires. La famille Abriata avait déclaré que l’officier à la charge de l’opération s’était présenté comme : « Sandoval  de la Coordination Fédérale ».

Recyclé

Après la dictature et dans l’Argentine démocratique, Sandoval a su se sortir d’affaire devant la justice argentine pour d’autres faits mineurs. A la fin des années 80, diplômé en Sécurité de l’Université de la Police Fédérale Argentine, il fut parmi ceux qui ont cherché à créer une association de diplômés dans cette spécialité.

Après un discret effacement en 2002, Sandoval réapparaît à l’Ecole Supérieur de Guerre Argentine. En tant que délégué de l’Union Européenne dans le cadre des négociations de paix en Colombie, il avait obtenu l’autorisation de L’Ecole Supérieure de Guerre Argentine de faire venir en Argentine deux experts colombiens pour former des militaires argentins. L’un des militaires colombiens s’était présenté à ses stagiaires en tant que commandant des « Autodéfenses Unies de Colombie » et subalterne de Carlos Castaño qui était alors le chef de la redoutable "AUC ". Pendant ce temps en Argentine avait lieu une insidieuse campagne pour faire apparaître les "piqueteros" (manifestants contre la misère) en collusion avec les guerrilleros colombiens.

Le journal El Tiempo de Colombia avait publié pendant la présidence d’Andrés Pastrana le 23 juillet 2001, un article indiquant qu’avait eu lieu à Cordoba en Colombie une réunion convoquée par les chefs des « Autodéfenses Unies de Colombie » sur le thème "refonder la patrie".

En fait on cherchait à étendre le pouvoir militaire dans le sens politique moyennant le financement avec le trafic de drogue et avec la main mise sur les mairies et le Congrès de la République. Le pacte fut opéré entre un secteur de la classe politique colombienne et les chefs paramilitaires. Selon la revue Semana ce pacte fut signé par 11 congressistes et une vingtaine de dirigeants régionaux. Cinq années plus tard, un des politiciens signataires M. Miguel de la Espriella a révélé l’existence de ce pacte secret. L’enquête de la "Fiscalia" (Organisme de Contrôle d’Etat) et la dénonciation par certains médias ont envoyé en prison 23 participants au pacte secret. Le journal colombien avait signalé aussi que des professeurs de La Sorbonne avaient participé à la réunion du pacte avec l’objectif d’exposer le projet politique de ceux appelées « Autodefenses ». Quelques mois après on a su qu’un de ces professeurs était Mario Sandoval le franco-argentin de l’Université de Paris 3 expert en conflits internes d’Amérique Latine. C’est celui là même le policier de la dictature argentine qui a continué sa carrière en contactant les "amis" de sa même espèce partout dans le monde. Le Monde Diplomatique a publié en mai 2007 un article de la journaliste Laurence Mazure qui dénonce "le scandale du lien des hauts responsables politiques colombiens avec les paramilitaires et notamment avec le Président Alvaro Uribe". Ainsi que des soutiens internationaux à caractère illégal dont bénéficient les paramilitaires de la Colombie. Dans la note publiée par Le Monde Diplomatique on voit encore apparaître la participation de Sandoval aux « Autodéfenses Unies de Colombie » ainsi que d’autres activités qui l’ont fait s’approcher des Services de Sécurité. Sandoval est signalé comme l’un des organisateurs du voyage de Vladimiro Montesinos en l’Argentine. Ce néfaste individu était le bras droit de l’ancien Président du Pérou Alberto Fugimori. Sandoval l’Argentin de Paris a parcouru un long chemin avant d’arriver dans le gouvernement de Sarkozy. La Présidente de l’Argentine Cristina Fernández Kirchner sera reçue à Paris par le Président français le 07/04/0008. La situation des otages des FARC en Colombie sera un des thèmes à traiter notamment après l’assassinat de Raul Reyes le numéro deux des FARC.

Cristina F. Kirchner s’était engagée personnellement avec la mère d’Ingrid Betancourt de tout faire pour aider à sa libération. Sarkozy agit dans le même sens et se dit prêt à aller plus loin.

Personne ne peut savoir ce que fera Mario Sandoval ce jour là.

Traduction de l’article paru le 16 mars 2008 dans le quotidien Pagina12 de Buenos Aires, Argentine.

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