Dématérialisation des démarches administratives : Non à une fabrique de sans-papiers et de précarité


Depuis la mise en place de la dématérialisation dans les préfectures, il est impossible pour les personnes étrangères d’obtenir un rendez-vous pour régulariser leur situation administrative, voire pour renouveler leur titre de séjour. Les plates-formes délivrent des RDV au compte-goutte, bien loin des besoins réels.

 C’est discriminatoire !

Cette pratique a été reconnue illégale par plusieurs tribunaux administratifs. Pire, elle génère des trafics : on peut payer plusieurs centaines d’euros pour décrocher le RDV dans certaines officines.
Elle remet en cause l’accès au service public qui est un droit.

 C’est illégal !

La seule possibilité légale d’obtenir un RDV est de déposer un référé devant un tribunal pour obtenir une injonction de RDV : ça marche, mais le temps de la procédure s’ajoute aux délais déjà démesurés des préfectures ! Il faut désormais un à deux ans pour obtenir une décision de régularisation ...ou un refus de séjour! Mais en attendant, c’est la précarité totale : l’exploitation par le travail non déclaré, les logements insalubres et coûteux à la merci des marchands de sommeil, le manque de ressources.

 C’est indigne !

A l’occasion du 8ème dépôt collectif de référés devant les tribunaux administratifs, imposons aux préfectures qu’elles rétablissent un accueil physique, délivrent des RDV et régularisent les personnes en attente d’un titre de séjour.


Manifestation mercredi 16 février / 14 h 30


De la Place de la Libération vers la Préfecture de Seine-Saint-Denis (Bobigny)
M° Pablo Picasso / puis arrêt Libération du T1

Plus de 200 organisations appellent à une mobilisation pour la journée internationale des migrant·e·s. le 18 décembre, qui sera aussi le point de départ d’une campagne antiraciste. Nous relayons leur appel.

« Nous n’allons pas combattre le racisme par le racisme, mais grâce à la solidarité. » (Fred Hampton, Black Panthers Party – mai 1969)

Notre pays construit des ponts pas des murs. D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.
Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.
Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.
Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.
Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.
Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.
Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.
Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.
Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale.

Pour l’avenir

Si la planète brûle, cela n’a rien à voir avec les migrations, nos couleurs de peau, nos origines, nos religions. Le monde n’attend qu’une étincelle pour exploser et certain.e.s nourrissent l’incendie qui nous menace.

Nous dénonçons toutes les formes de racisme dont l’islamophobie, l’antisémitisme, l’antitziganisme, la négrophobie et le racisme anti-asiatique. Nous exigeons notamment la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique.

Pour la liberté

Nous voyons que lorsqu’on commence à limiter la liberté pour certain·e·s, c’est la liberté de tou·te·s qui recule. C’est ainsi que se mettent en place des pouvoirs de plus en plus autoritaires.
Nous exigeons la liberté de circuler et de manifester et notamment l’abrogation de la loi dite « sécurité globale », la fin des violences et des crimes policiers et pénitentiaires, la suppression des mesures de répression contre les migrant·e·s (OQTF, IRTF, etc.) et la fermeture des centres de rétention administrative (CRA). Nous exigeons la destruction des murs qui s’érigent partout dans le monde pour séparer et contrôler les peuples.

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Manifestation pour obtenir l'ouverture de rendez-vous par les préfectures.

Par Nadia Sweeny

Grande manœuvre de communication après le naufrage de 27 personnes dans la Manche le 24 novembre.

 

OPÉRATION SPÉCIALE CAMPAGNE DE DONS : LE SITE POLITIS EN ACCÈS LIBRE.
Cet article vous est offert, ainsi que tous ceux publiés pendant notre campagne de sauvetage, du 17 novembre et le 31 décembre. Faites-le savoir autour de vous. C’est le moment ou jamais de faire connaître notre journal. Politis ne doit pas mourir !

 

Après le naufrage qui a coûté la vie à 27 personnes exilées au large des côtes françaises mercredi 24 novembre, le gouvernement est en grande manœuvre de communication. Les réunions de crise se sont succédé pour finalement dire en substance : c’est la faute des Anglais, la France est exemplaire en termes d’accueil des exilés. On croit rêver !

En première ligne, Gérald Darmanin accuse l’attractivité de la Grande-Bretagne, où « sans papiers d’identité vous pouvez travailler », s’étrangle-t-il devant la presse. Il exige de nos voisins qu’ils changent leur législation accusée de créer l’accumulation de personnes désireuses de rejoindre l’île. Face au tollé produit par la publication dans la presse d’outre-Manche de photos montrant des policiers français inactifs face aux migrants qui prennent la mer quelques heures avant le drame, le ministre se lâche : « Ce que vous ne voyez pas, c’est que les migrants utilisaient des bébés et menaçaient de les jeter dans une eau à quelques degrés, sur les moteurs, si les policiers venaient les interpeller. » 

Dans la région, c’est bien connu, les autorités n’agissent que pour sauver des vies : « 7 800 depuis le 1er janvier » – comprendre : empêchés de traverser –, d’après le ministre. Que sont-ils devenus ? Probablement sont-ils restés un moment en errance perpétuelle, harcelés par la police française qui chaque jour empêche des points de distribution de nourriture et d’eau, et les expulse de leurs tentes, lacérées et jetées aux ordures. Mais là encore, le gouvernement hurle d’un seul homme : ce n’est pas la faute de la police française mais d’« une société privée embauchée par l’État […] pour récupérer les tentes et pour les jeter », explique le ministre qui jure qu’aucun ordre n’a été donné dans ce sens. « Nous avons demandé d’arrêter cela. » De lacérer, pas d’expulser et de jeter… L’honneur de notre police est sauf. Car, rabâche le ministre d’un ton supérieur, « nous ne sommes pas les supplétifs de la Grande-Bretagne ». 

Pourtant, Darmanin refuse de remettre en question les accords du Touquet, « qui n’ont rien à voir avec l’immigration clandestine », alors même que ces accords organisent le déplacement de la frontière anglaise sur le territoire français, moyennant 200 millions d’euros, faisant de la France… le supplétif de la Grande-Bretagne.

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