Le Prieuré vendu pour un euro symbolique !

Jeudi 22 octobre 2009 à 21h30, le Maire propose au Conseil Municipal de vendre le centre de vacances de la ville de Bondy sis à Saint Benoît du Sault. Puisque le Maire possède la majorité municipale, la proposition est adoptée.

Désormais,  le Prieuré n'appartiendra plus à  la commune de Bondy.

Qu’est ce que le Prieuré ?  

Acheté par la Commune de Saint Benoît, le prieuré se transformait en un « collège spécial », du nom d’Hervé Faye, pour préparer des élèves aux études supérieures. Mis en vente, Isidore PONCHY, alors Maire de Bondy, proposa de l’acheter pour permettre aux enfants de Bondy de partir en vacances. Un contrat sous la forme d’un bail emphytéotique (99 ans) soit jusqu’en 2034 sera alors signé. Henri Varagnat puis  Maurice Coutrot successivement Maires de Bondy assureront la gestion de ce patrimoine. Très attaché à cette colonie de vacances, Maurice COUTROT veillera à ce qu’un maximum d’enfants de sa ville bénéficie de vacances à la campagne. Il y mettra tous les moyens nécessaires pour qu’ils vivent dans de parfaites   conditions. Il respectait ainsi ce qui lui tenait le plus à cœur : les enfants de Bondy.

Classé parmi les plus beaux sites de France, inscrit au patrimoine national et classé dans un secteur sauvegardé, notre ville possédait un magnifique bijou qui a toujours suscité la visite de nombreux touristes dans la région. 75 ans après,  il  ne nous appartient plus : la chaine est brisée.

 

Pourquoi vendre ce centre de vacances ?

L’évolution des séjours et la dominante des activités proposées aux enfants ne semblaient plus convenir à ce qui se réalise aujourd’hui. Divers projets annoncés ici et là promettaient une réflexion pour suivre l’évolution de ce qui existe en matière d’animation, selon les besoins des familles.

Des projets si peu travaillés dans leurs contenus qu’ils n’ont jamais été réellement présentés par les équipes municipales en place. S’attachant à reproduire la décision des communes avoisinantes, la Municipalité vient donc de décider de se débarrasser de ce bâtiment qu’elle juge encombrant au regard des dépenses engendrées pour 2 mois de fonctionnement.

Issu d’un quartier dit « populaire », j’ai passé mon enfance à Saint Benoît pour y revenir en tant qu’animateur puis directeur. Ce bastion public, laïque au même titre que l’école a fortement contribué à mon éveil. Il en est de même pour beaucoup de Bondynois avec lesquels, j’ai partagé les jeux de l’enfance. Nous en serons reconnaissants à jamais. Le centre de vacances contribuait ainsi  à l’éducation fournie par les familles et par l’école. Sa place jouait un rôle primordial dans la construction du futur citoyen imprégné de droits et de devoirs.

Au cours des années 90, j’accueillais des adolescents pour des courts séjours à la semaine qui leur permettaient de faire du moto-cross sur des terrains homologués, de découvrir la nature qu’ils ignoraient, eux qui vivaient enfermés dans leurs cités. Ce n’était pas facile, mais j’apprécie, aujourd’hui, ce que cette initiative à produit de meilleur et tout ce que cela a pu générer chez certains d’entre eux dans leur accomplissement personnel : j’en suis fier et je remercie vivement ceux et celles qui ont encouragé cette démarche.

Une nouvelle équipe municipale élue au cours des années 2000 s’attachera à ne plus utiliser le Prieuré qui finira par s’abimer puis être vendu pour l’euro symbolique. 

Une convention d’utilisation, signée en 2008,  permettait à la ville de Saint Benoît du Sault de « louer » le Prieuré, là aussi, par le biais d’un bail emphytéotique.

Un article du journal La Nouvelle République du 9 avril 2009 rapportait que le Prieuré appartenait à la ville de Saint Benoît du Sault et que des travaux seraient réalisés à l’automne prochain. La décision était bien engagée ce qui nous révèle bien l’étude concertée dans la gestion du patrimoine. Le 22 octobre 2009, ils ont voté en toute ignorance.

Je suis attristé de perdre ce bien qui nous appartenait et regrette l’absence de concertation des Bondynois dans cette douloureuse décision. L’arrivée de l’intercommunalité était prometteuse pour relancer notre centre de vacances. Dans une société où les inégalités s’accroissent, laissant les familles des milieux populaires, voire des classes moyennes, face à des offres commerciales de plus en plus chères et peu accessibles, nous devions réaffirmer l’enjeu essentiel des temps éducatifs que sont les « temps libres »…

Il y avait tant de choses à faire. N’était-ce qu’une promesse électorale ? Il en sera autrement : les promesses ne durent que le temps de les oublier…

Hakim KADRI

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