Bondy autrement avait demandé ce rendez-vous afin de faire le point sur nos principales revendications du moment. Nous remercions le maire et son équipe de nous avoir reçus le mardi 1er mars 2022. Notre délégation considère que l’entretien a pu être très ouvert et constructif même si nous ne sommes pas tombés d’accord sur tout avec l’équipe de Stephen Hervé.

 

Sur les écoles

Bondy Autrement :

Notre première revendication concerne l’école, en particulier la nécessité de toute urgence d’une nouvelle école en centre-ville pour faire face à l’engorgement des groupes scolaires dont le nombre d’élèves dépasse parfois le millier.

 

Stephen Hervé :

La ville travaille sur un schéma directeur depuis 2-3 ans, tout en prenant en compte l’évolution démographique de la ville. L’engorgement des écoles est réel, et nous devons être encore plus attentifs car la ZAC du Canal apporte de nouveaux enfants. Ce sont donc 70 classes supplémentaires qu’il faudrait créer, à horizon 2030, soit deux groupes scolaires sans compter les extensions. Nous savons déjà que la ville aura du mal à suivre avec les équipements nécessaires (écoles, culture, sports). Concernant les classes de l’école Claudel, elles seront livrées en septembre 2023.

 

Bondy autrement :

Pour notre part, nous préférons des écoles de taille moindre que 600 ou 700 élèves, cela peut permettre de trouver plus facilement les terrains, mais surtout cela permet une meilleure ambiance scolaire quand tout le monde se connaît et se reconnaît.

 

Allison Poncet (élue à l’enseignement) :

Il y a cependant des problèmes plus spécifiques dans des écoles où il y a de petites équipes et où tout le monde se connaît, par exemple il y est plus difficile de sortir d’un face-à-face quand il y a une situation de conflit. Ajoutons que même si l’école est petite, il faut l’espace pour un parking et un réfectoire.

 

Bondy autrement :

Quelles sont les extensions précises envisagées et quand pourront-elles ouvrir ?

Stephen Hervé : L’extension de l’école Ferry-Rostand est à l’étude, elle pourra bénéficier des financements de l’ANRU. Une autre est possible à Pasteur à partir du moment où l’école Claudel aura été livrée. Quant aux 70 classes, c’est à horizon 2030.

 

Bondy Autrement :

Les nouvelles constructions sur le Canal ne doivent pas conduire à dégrader la situation sur les écoles de Bondy-nord en saturant des écoles qui pour l’instant bénéficient d’espace. 

 

Stephen Hervé :

Nous pourrions suggérer d’utiliser l’école du stade, composée de modulaires que la mairie a achetés, pour aider à désengorger temporairement les écoles du centre. Les conditions d’études y sont parfois plus agréables que dans de vieilles écoles.

 

Sur l’écologie

Bondy autrement :

Nous constatons qu’il y a trop d’espace « minéral » sur la ville, trop peu de verdure et particulièrement d’arbres, c’est le cas sur la place du 11 novembre, ou sur les trottoirs, dans les cours d’école.

 

Stephen Hervé :

Je suis d’accord sur le constat d’une trop grande minéralisation de la ville. En 16 mois, nous avons avancés sur ce sujet, parfois timidement : à la bibliothèque Diderot, devant Pierre et Marie Curie, en créant des cours oasis dans les écoles, même si c’est déjà le cas dans certaines cours comme à Sellier, Pasteur ou Mainguy. Il faudrait le faire par exemple à Léo Lagrange. Nous utilisons la révision du PLUI, pour imposer 40 % de pleine terre végétalisée dans les nouveaux programmes, demander des squares aménagés voire des jardins partagés, sans oublier de redonner du sens à la trame verte, même si c’est un projet qui doit s’étendre sur plusieurs mandatures.

 

Onur Sagkan (élu à l’urbanisme) :

Il faut avoir une vision globale de l’écologie comme y invite Félix Guattari.

 

Bondy Autrement :

Nous entendons bien l’engagement sur les cours d’écoles mais par exemple qu’en est-il du réalignement des arbres dans les rues ?

 

Stephen Hervé :

Là où nous avons dessouché, de nouveaux arbres seront plantés mais la difficulté est parfois liée à la présence de réseaux enterrés, comme à Olympe de Gouges, où de vrais arbres n’ont pas pu être plantés. Les trottoirs sont souvent trop étroits pour planter des arbres qui donnent assez de fraîcheur. Il faut penser la présence des arbres à la conception, comme nous le demandons sur l’avenue Gallieni où le Conseil Départemental n’avait pas prévu d’arbres.

 

Bondy Autrement :

Les habitants y penseraient si on leur demandait leur avis au moment de la conception des projets.

 

Onur Sagkan :

Nous envisageons une concertation avec la population de Blanqui tout en respectant les délais fixés par l’ANRU. Sur la gare, le projet mené par Vinci a été suspendu. Nous voulons rediscuter avec le promoteur pour qu’il prenne en compte la demande d’un vivre mieux des Bondynois.

 

Bondy Autrement :

Nous sommes aussi très intéressés à ce qui est prévu sur Neuburger, où il y a aussi une partie très bitumée devant les commerces. Qu’en sera-t-il ? Et la partie non-construite sur l’avenue de Verdun ?

 

Stephen Hervé :

Nous allons reprendre la concertation sur Neuburger, et potentiellement un aménagement pour l’espace avenue de Verdun, je suis très attaché à ce qu’il n’y ait pas de construction là. Nous envisageons une rétrocession par Bondy habitat.

 

Sur le garage

Bondy autrement :

Depuis que nous avons obtenu l’arrêt de la vente du garage municipal à VINCI, il y a eu la COVID, la défaite de Mme Thomassin puis la nouvelle élection. Un statut quo s’est donc installé concernant le garage municipal. Nous rappelons que nous sommes tout à fait opposés à ce que les terrains communaux soient vendus. Que prévoyez-vous pour le garage ?

 

Stephen Hervé :

J’ai toujours dit que je souhaitais l’installation d’une halle de produits frais, voire un espace de restauration, et en tout cas, garder le bâti. Le principal problème aujourd’hui est de savoir comment déménager le garage municipal : la zone Becquerel pose des problèmes d’accès pour entrer et sortir, et pose également la question de la perte de temps dans la ville pour accéder aux écoles présentes sur tout le territoire Bondynois.

 

Sur Blanqui

Bondy Autrement :

Nous sommes très inquiets des projets que nous avions révélés aux habitant.e.s de Blanqui, décidés sans elles et sans eux. La destruction des petits quatre étages est refusée en tout cas par celles et ceux qui nous ont contactés et qui se trouvent rue Blanqui.

 

Stephen Hervé :

Nous voulons refaire une étude d’aménagement pour rediscuter avec les habitants. Par rapport au premier projet, nous voulons un plan plus ouvert que le rectangle de Bondy Habitat, mais effectivement les petits bâtiments sont prévus à la démolition. Concernant la Tour, elle doit être revue par l’ANRU, je me pose encore beaucoup de questions sur l’opportunité de cette destruction.

 

Sur le travail du Conseil municipal

Bondy Autrement :

Nous souhaitons connaître les dossiers du Conseil municipal. Dans ce cadre, nous nous sommes inscrits dans la démarche proposée par Bondy ma ville. Est-il possible, même si la loi ne le garantit pas, de disposer d’une tribune dans Reflets pour les listes qui étaient présentes au premier tour ?

 

Stephen Hervé :

Pour accepter de donner accès aux dossiers avant le conseil municipal, j’ai besoin d’un avis juridique. Sur les tribunes, elles ont un cadre légal contraignant, c’est plus compliqué.

 

Bondy autrement :

La question de Reflets peut être étendue, il serait possible d’avoir une rédaction plus large, composée de citoyens, pour en faire le journal de la vile plutôt que celui de la municipalité. Il en va de même pour les Conseils de quartier qui pourrait avoir leur propre expression.

 

Stephen Hervé :

Pour les Conseils de Quartier, rien n’est interdit, cela dépend d’eux de le proposer.

Que reste-t-il de l’alternative socialiste ?


Le parti socialiste en France, le parti travailliste en Grande-Bretagne pourraient l’emporter aux prochaines législatives. Les sondages font apparaître cette chance - ou ce risque - et les deux organisations présentent, sous des formes variées, ce qu’il faut bien appeler des projets de programme de gouvernement. La question « le pouvoir pour quoi faire » est bien présente.

Elle l’est sous une forme bien particulière qui résulte de l’analyse des précédentes expériences gouvernementales. Le constat moyen est qu’on a fait ni pire ni mieux que les gouvernements de droite, et que ce qui semblait le plus conforme à la tradition socialiste n’a pas réussi. Bien entendu, les besoins légitimes de la propagande et les solidarités à l’égard du passé récent nuancent la présentation de ces faits. Mais une fois grattés les camouflages et les habillages reste une évidence : le socialisme n’est pas à l’ordre du jour.

On s’en doutait un peu devant d’intéressants maniements du vocabulaire. C’est ainsi que nous serions passés en France entre 1981 et 1986 d’un parti socialiste à un parti social-démocrate, ce qui ne veut rien dire du point de vue historique (le parti de Rosa Luxembourg comme celui de Lénine était « social-démocrate ») mais qui a pris une valeur historique depuis le célèbre congrès de Bad Godesberg.

Ce genre de subtilités n’a même plus de sens pour le leader actuel du parti travailliste qui annonce avec fermeté un programme de « centre gauche » et renvoie aux poubelles de l’histoire les vieilles lunes du socialisme.

Le parti socialiste français est plus prudent. Son programme se veut réaliste, c’est-à-dire réalisable dans le cadre de la société et de l’économie telles qu’elles sont. Ce parti se présente comme un parti de gouvernement, comme le parti de l’alternance et se proclame débarrassé des illusions excentriques.

Ainsi, les deux partis se donnent pour objectif de faire mieux que la droite dans la gestion de nos sociétés telles qu’elles sont et sans les remettre en cause. De la distinction fondamentale faite par Léon Blum entre l’exercice du pouvoir et la prise du pouvoir, il ne reste rien. Et le débat entre réformistes et révolutionnaires a perdu toute signification dans la mesure où ne restent que des réformistes qui, en ne remettant pas en cause la société qu’ils veulent mieux gérer, n’ont pour but réel que de la rendre supportable par le plus grand nombre.

Le siècle a donc connu une évolution particulièrement remarquable dans la mouvance socialiste, évolution due pour une grande part à la Révolution de 1917 qui a complètement dévoyé une idéologie libératrice de l’individu en la transformant en mécanique autoritaire de production. En mettant les soviets sur le même pied que l’électricité, Lénine a défini par un « bon mot » la colossale dépravation qui mettait à égalité l’homme et la machine.

Ainsi, en 1905 notamment en France, se créèrent des partis offrant une alternative au capitalisme. Cent ans après, cette offre n’existe plus et les partis en question ne sont plus que des participants à une société qu’il ne s’agit plus de faire disparaître, mais de corriger et d’améliorer.

Cette situation ne durera pas. La question est de savoir qui fera renaître l’alternative au siècle prochain. Les socialistes pourraient s’interroger aussi à ce sujet.


Claude Fuzier

L'OURS, n° spécial, janvier-février 1997

C'est un des derniers textes de Claude Fuzier. Il a été rédigé en 1997, il y a 22 ans, il s'interrogeait sur la fin des partis politiques avec une plus grosse interrogation pour l'avenir du PS.

Confondant, non ?

Ce matin-là, le vent était glacial, et le ciel clair, mais une pluie très fine s’en échappait. La nature semblait s’associer à la tristesse d’une foule recueillie qui accompagnait à sa dernière demeure l’homme qui, de longues années, incarna la ville de Bondy, plein de sollicitude pour sa population. Cet homme là, c’était l’ancien Sénateur Maire de Bondy : Claude Fuzier.

Le 22 janvier 2017, les Bondynois n’oublieront pas le jour où leur ancien Sénateur Maire les a quittés, il y a 20 ans déjà.

Des lecteurs s’étonneront peut être qu’un élu de l’opposition municipale de Bondy autrement puisse rendre hommage au Sénateur Maire socialiste qui a dirigé la ville de 1977 à 1995 succédant ainsi à Maurice COUTROT, bâtisseur de notre ville ?

Eh bien, c’est par ses initiatives, son esprit, sa culture, son expérience politique qu’il est inconcevable pour nous d’oublier Claude FUZIER qui a impulsé aux quatre coins de Bondy, une politique qui a mis en valeur le monde associatif, développé la politique de la ville, dynamisé les missions socio-éducatives, créé des équipements et espaces culturels, une bibliothèque, un cinéma, contribué à la réalisation d’un hôpital, ouvert son conseil municipal à d’autres représentants… et je m’arrête là car la liste serait trop longue. Son rôle, ses actions exemplaires, j’ai souvent pu les rappeler aux membres de la majorité municipale même si quelquefois, j’agaçais les plus ignorants de l’Histoire ! Avec cet homme comme premier magistrat c’était l’application d’une politique qui rendait notre ville plus vivante, de surcroît plus accueillante. A Bondy, les aînés(es) nous rappellent souvent que Maurice Coutrot a construit notre ville et que Claude Fuzier l’a faite vivre.

C’est à la suite d’une tuberculose contractée très jeune que son évolution professionnelle l’orienta vers la politique alors qu’il espérait intégrer la fonction publique en devenant professeur d’histoire ! Parmi ses actions politiques, une se distingue particulièrement, celle où il aura la charge de renouer les relations politiques avec le Parti Communiste. Claude FUZIER sera retenu par Guy MOLLET, Secrétaire de la SFIO pour assumer cette fonction. Homme d’ouverture, brillant intellectuel, il a permis la signature de l’accord d’union de la gauche pour les échéances municipales en 1965, toujours d’actualité dans plusieurs communes de France. J’invite les Bondynoisqui souhaiteraient mieux connaître sa vie, son parcours politique, à se procurer le livre de Denis LEFEBVRE Claude FUZIER, un socialiste de l’ombre aux éditions Bruno Leprince ou de retrouver un exemplaire du numéro spécial du journal Le Bondynois de mars 1997*.

En ce jour anniversaire, nous tenions à rendre hommage à Claude FUZIER en rappelant la mémoire d’un homme qui savait faire de la politique autrement, nous qui proposons, depuis notre création, aux Bondynois d’être les acteurs d’une ville à laquelle ils sont profondément attachés.

 

Hakim KADRI

Conseiller municipal Bondy autrement

 

*

Claude FUZIER 2 Juin 1924- 22 Janvier 1997

Chevalier de la légion d’honneur

Sénateur Maire de Bondy 1977 à 1995

Sénateur de la Seine Saint Denis de 1977 à 1986 et de 1991 à 1995

Député de la Seine Saint Denis en 1988

Rédacteur en chef du journal Le Populaire

Président de l’office universitaire de recherche socialiste.

 

Jeudi 29 juin à 19h se tiendra le conseil municipal en mairie de Bondy.

Il y est notamment prévu la vente au privé du terrain du garage municipal situé derrière la mairie.

Plus de 2 000 mètres carrés.

Malgré les projets des associations ou des habitants, c'est la spéculation immobilière qui a encore été choisie.

Le conseil municipal est public : tous les habitants ont le droit d'y assister. Soyons nombreux !

 

Depuis les dernières élections municipales, et contrairement à ce qui se passait sous l'ancien maire, les conseils municipaux se tiennent tous les deux mois.

La prochaine séance du 25 juin doit désormais commencer à 17h00 pour traiter plus de 70 dossiers, dont certains aussi fondamentaux que le budget de la ville.

Les élus n'ont les dossiers que 5 jours avant la séance du conseil pour les étudier.

Cette gestion monarchique et maladroite est à l'image de certaines décisions prises dans la ville comme les "rythmes scolaires" (imposés contre tous, puis supprimés pour moitié) ou l'urbanisme chaotique.

Maintenant qu'elle a perdu les élections départementales, la maire pourrait quand même trouver le temps de tenir un conseil municipal par mois.

Nous demandons donc que ce conseil soit scindé en deux jours et que dorénavant les conseils se tiennent tous les mois.

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