Conseil municipal du 21 janvier 2010

A peine une dizaine de points à l'ordre du jour mais le débat sur les orientations budgétaires nous a permis d'apporter notre pierre... Dommage que la majorité municipale ne veuille pas construire la ville avec ses habitants, nous vous livrons donc notre pierre intacte, avec l'espoir qu'elle serve à construire un autre avenir à Bondy, par nous tous.

10-2 : Débat sur les orientations budgétaires

Le point de débat le plus important était le débat d'orientations budgétaires. Bondy autrement fait remarquer que le document présenté par la majorité municpale rend le débat très difficile, il manque de cohérence, une liste de chiffres est fournie sans analyse, sans proposition.

Le document part de la suppression de la taxe professionnelle comme une injustice. Certes, il est toujours insupportable de constater que l’Etat méprise assez les communes pour ne pas les consulter. Mais :

-          d’une part, les élus comprendront peut-être mieux ainsi ce que ressentent des millions de citoyens à l’égard de ceux, dans les communes qui font pareil avec les citoyens, comme le maire de Bondy qui refuse depuis 33 jours de recevoir les Bondynois sur les impôts,

-          d’autre part il ne faudrait pas oublier que la taxe professionnelle était particulièrement injuste. C’est important parce qu'il faudrait préciser quelle taxe nous voudrions à la place de l'ancienne TP. Nous pensons qu’il faut une taxe calculée sur les bénéfices, sur la plus value, sur les actifs financiers.

Ainsi, on peut être d’accord avec Mme Guigou quand elle critique la fiscalité actuelle, même si la dernière réforme a été faite sous un gouvernement PS (par Mme Parly) …

Dans le document, la majorité municipale part de l’analyse des restrictions budgétaires. Nous proposons de partir des besoins sociaux.

C’est ainsi que nous envisageons une autre genèse pour le budget : d’abord consulter les associations et les services pour ensuite proposer aux habitants un budget, enfin le faire retravailler par les instances de concertation dans la ville. Cette démarche aurait vraisemblablement abouti à d’autres choix : aurait-on acheté l’ancienne gendarmerie ? Aurait-on dépensé autant pour détruire des logements sociaux et en reconstruire ? Partirait-on sur l’hypothèse de détruire la crèche de De Lattre pour en refaire une à côté ? Aurait-on dépensé autant dans la vidéo-surveillance alors que vous reconnaissez qu’elle est inefficace pour résoudre les délits mais sert à faire baisser le sentiment d’insécurité ? Tous ces choix sont d’abord des choix personnels du maire, et si l’on peut en débattre, nous pensons qu’ils ne doivent pas être imposés à la collectivité.

Concernant les propositions précises.

La majorité municipale évoque la culture et nous disons oui ! Mais quelle est la logique : promouvoir la culture comme la marque de la dignité des habitants ? C’est notre option, mais le texte ne dit rien à ce sujet. Nous proposons qu’il y ait plutôt une démarche favorisant les initiatives autonomes, il faut favoriser le bouillonnement des initiatives plutôt que les actions institutionnelles. Ce n’est pas le sens des projets évoqués. Quant à la gendarmerie, il est seulement écrit qu’il y a un « projet », c’est léger pour en débattre.

A titre d’exemple, dans le cadre de la préparation du conseil municipal, nous avons reçu la proposition d’ouvrir sur la rue la salle qui est sous la bibliothèque. Dans quel cadre cette proposition peut-elle être débattue ?

Sur le personnel, on aurait pu avoir le vrai débat que nous réclamons plutôt que de simplement dire qu’on fallait « contraindre la dépense ». D’autant que cette contrainte n'est rien d’autre que la RGPP de Sarkozy qui vise à réduire le nombre de fonctionnaires…

Les travaux des ateliers urbains ont montré l’importance cruciale de la politique éducative. Le document proposé ne parle que de la rénovation de deux écoles. Mais qu’en est-il de la politique éducative en 2010 à part les travaux sur les bâtiments ?

Sur l’endettement, nous aurions aimé débattre sur l’utilisation de ce désendettement et permettre des investissements utiles aux Bondynois.

Sur l’écologie, rien, sinon la police de l’environnement qui concerne peut-être les caméras de vidéo-surveillance ? Rien sur le P.I.R., sur la propreté dans la ville (avec la SEPUR) et pourtant des critiques remontent depuis longtemps dans au moins 3 CCQ, rien sur l’accessibilité en particulier pour les personnes en situation de handicap, rien sur les personnes âgées, rien sur les jeunes, sur la santé comment résorber les délais d’attente très longs au CMS, comment lui permettre de jouer son rôle ?

D’ailleurs, pourquoi n’a-t-on pas vu les citoyens mobilisés sur ce risque de perte sèche pour la ville, c’est-à-dire sensément pour eux ? Peut-être parce qu’ils ne perçoivent pas le budget comme étant le leur, puisqu’ils ne le décident pas.

La démarche est résumée dans la conclusion : il est écrit que pour ne pas subir la politique de Sarkozy, la ville va se rationner ! Mais on subira quand même la politique de Sarkozy !

A l’inverse nous appelons le conseil municipal à se réunir pour débattre de la riposte à porter au gouvernement.

L’UMP, se cantonne à son rôle d’opposition statique quand Mme Georgia Vincent explique qu’elle n’aurait pas les mêmes orientations budgétaires tout en glissant « peut-être que nous aurions sur certains points les mêmes orientations ». Elle parlait sans doute des caméras de vidéo-surveillance.

Passons sur différentes interventions lues par des membres de la majorité municipale, longue collection de banalités et affirmation de leur amour indéfectible pour leur patron.

Jacques Jakubowicz égaie un peu l’ensemble en exigeant confusément une « pétition pour un référendum sur ce qui va être déterminant pour la commune ». C’est clair comme de l’eau de boudin. Il déclare ensuite : « nous aimerions en savoir plus sur le projet de l’ancien gendarmerie ». Euh, il est adjoint au maire, non ? Il aura même réussi à faire pouffer le maire en déclarant qu’on ne donnait pas assez d’importance à la création d’une « ligne budgétaire investissement spécial conseil de quartier au lieu de la ligne « voirie » dans le budget ».  Vous direz que ça ne change rien. Et c'est vrai. Comme quoi parfois on se contente de peu !

Sylvine Thomassin commence par citer Mme Vincent de l’UMP pour se rallier à son avis : « le gouvernement n’est pas responsable de la crise économique ». Ah !… La « crise » ne serait donc pas liée à la place de la finance, à la place que les élus ont laissé aux renards de la finance ? Certes, cela avait commencé avant Sarkozy, malheureusement. Elle répond ensuite à Bondy autrement : “Quand les bâtiments peuvent être réhabilités, on le fait ». Evidemment, cette réponse st absurde : on détruit certains bâtiments tandis que ceux construits sur le même plan à la même époque à côté sont réhabilités… Feignant ensuite d’être atteinte de surdité, elle répète son refrain habituel : « vous ne faites pas de proposition, vous n’êtes pas constructif » (voir plus haut notre intervention). Elle conclut en traitant notre élu de « populiste » tout en lui reprochant qu’il « dénigre les élus locaux ». Cherchez l’erreur…

Décidé à poursuivre la soirée humour, le maire se réjouit en déclarant : « je suis content qu’on passe notre temps à discuter avec les habitants et les associations pour faire le budget. » C’est vraiment lui le plus drôle ! Dommage que les habitants et les associations ne soient pas au courant.

Pour la fin du conseil, nous avions proposé le vœu suivant :  

Les neuf villes qui se rassemblent dans la communauté d’agglomération « Est-Ensemble » (400.000 habitants) ont décidé de transférer à l’intercommunalité la compétence « eau ». La loi de 1999 sur l’intercommunalité prévoit que l’eau est une compétence « optionnelle ». A ce titre, l’adhésion au Syndicat des Eaux d’Ile de France n’est pas automatique, l’adhésion de « Est-Ensemble » au SEDIF va devoir être votée, et c’est la séance de février 2010 qui a été annoncée pour ce vote.

Les élus municipaux ont l’opportunité de lui dire Non. C’est l’opportunité de sortir des griffes de Veolia.

Si les neuf villes de Est-Ensemble votent pour l’adhésion au SEDIF, cela signifie qu’elles se résignent à accepter la délégation de service public jusqu’en 2023, à abandonner sans combattre le bien public aux intérêts financiers, à faire payer l’eau toujours plus chère aux consommateurs, dans une gestion opaque et peu soucieuse de l’intérêt général et de la préservation de cette ressource fragile.

C’est pourquoi le Conseil municipal de Bondy se prononce contre l’adhésion au SEDIF d’ « Est-ensemble ». Il ne s’agit que d’une solution temporaire, à terme nous agirons pour un service de l’eau public et unifié dans la région, comme c’est déjà le cas à Paris.

Cela permet d’ouvrir une autre voie. La Loi prévoit qu’en attendant, les communes peuvent être desservies en tant que simple « cliente », permettant aux neuf villes de préparer dans les prochaines années un retour en gestion publique de l’eau avec d’autres villes de la région parisienne qui souhaiteraient les rejoindre, pour une tarification plus juste et plus égalitaire, une plus grande transparence, une meilleure qualité de service, un plus grand respect de ce bien commun de l’Humanité qu’est l’eau.

Mais surprise ! Un autre texte, le nôtre à la virgule près, est proposé par la majorité municipale. Du pur plagiat ! Sauf qu’au lieu de voter CONTRE, le texte propose seulement de poser la question… Un débat s’instaure et finalement notre vœu est adopté, et à l’unanimité ! Un bon point pour un réel service public.

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