Rencontre avec la maire

Ce mardi 3 avril 2012, Bondy autrement représenté par Fatima Alaoui, Xavier Blot et Vincent Duguet, a été reçu plus d’une heure par la maire de Bondy Sylvine Thomassin et Cécile Mexandeau sa directrice de cabinet.


Mme Thomassin a voulu limiter l’entretien aux deux seuls points annoncés dans notre demande : les diffamations contre Vincent et les étranges factures du Service Municipal Jeunesse (SMJ) alors que nous souhaitions aborder également l’augmentation des impôts locaux et nos recours en justice.

Petits rappels pour ceux qui ont raté ces deux épisodes précédents :

- impôts locaux : fin 2009 l’ancien maire a augmenté les taux d'imposition en affirmant aux Bondynois que l'impact serait faible ou nul pour les contribuables et que c’était la dernière fois que la fiscalité locale serait sollicitée (voir « Le Bondynois socialiste » de mars 2009 ). Au contraire près d’une centaine de personnes nous ont apporté les preuves qu’elles payaient plus d'impôts qu'annoncé. En conseil municipal du 19/03/2009 à la question « Vous engagez-vous à rembourser la différence [entre les annonces trompeuses et la réalité] aux Bondynois ?» le maire avait répondu  « Tout à fait ! » (voir l'extrait du PV du conseil municipal du 13/03/2009). Bondy autrement avait demandé à être reçu dès le 16 novembre 2009. Sans réponse, nous avons insisté le 19 décembre puis le 17 janvier 2010. Et le 21 janvier 2010 une douzaine de personnes s'était bruyamment présentée en mairie dans l'espoir que le maire accepte enfin de s'expliquer sur ses fausses promesses. Son directeur de cabinet annonça qu'il refusait de recevoir les personnes présentes. Lire page 17 du compte-rendu du CM du 26/11/2009.

- nos recours en justice : Mme Thomassin et sa majorité municipale ont voté lors de deux séances du conseil municipal (des 17/11 et 15/12/2011) des délibérations illégales (création d’un 17ème maire adjoint, indemnités qui en découlent). Bondy autrement a dû saisir deux fois le tribunal administratif qui a annulé ces délibérations. Lire notre synthèse : retour sur nos recours. Nous avons appris récemment que la commune de Bondy a fait appel du premier jugement en conseil d’Etat en déposant également une question prioritaire de constitutionnalité, rien de moins ! Heureusement pour les Bondynois, ce recours serait déclaré irrecevable, affaire à suivre…

 

Madame Thomassin a finalement accepté d’aborder rapidement ces deux sujets.

Sur les impôts : aux citoyens se plaignant que leurs impôts étaient supérieurs aux promesses de l’ancien maire, elle a déclaré « ils doivent se plaire dans notre ville puisqu’ils y restent ».

Puis elle a promis que ceux qui prendraient rendez-vous seraient reçus individuellement par M. Ali Zahi, maire-adjoint en charge des finances.

 

Sur nos victoires au tribunal administratif : Mme Thomassin a déclaré « on ne peut pas qualifier une déclaration d’illégale tant que l’appel n’a pas été jugé » et « on ne peut pas commenter une décision de justice ».

Notre première magistrate se trompe deux fois : les deux jugements du tribunal administratif de Montreuil (du 20/01/2012 et 16/02/2012) annulent six des sept délibérations attaquées. Elles ont bien été jugées illégales et le resteront tant qu’un jugement d’une instance supérieure ne les aura pas cassés.

De plus on peut tout à fait commenter une décision de justice. C’est la « discréditer en portant atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance » qui est interdite par l’article 434-25 du code pénal. Plus de précisions ici.

Nous avons remis en main propre cette lettre demandant que les jugements du tribunal administratifs soient appliqués. En effet, l’appel en conseil d’Etat ne suspend pas leur application.

 

Ensuite Fatima a résumé à Mme la maire les campagnes de diffamation endurées par Vincent Duguet :

- Le 15 décembre 2011 à la sortie du conseil municipal, Mounir Matili, maire-adjoint en charge de la jeunesse, menace Vincent Duguet devant 10 témoins qu’il va « mener une guerre contre lui dans son quartier » si des recours sont déposés contre les élections de maire-adjoints (Mme Tekkouk et lui-même).

-  Dans la nuit du 27 au 28 janvier plus de 200 affiches anonymes sont collées pour défendre Mme Thomassin et Mme Tekkouk, calomniant Vincent et incitant à son agression.

-  Le 30 janvier le fils d’une conseillère municipale de la majorité tente d’intimider Vincent dans l’enceinte de son lycée.

-  Une pétition anonyme manifestement rédigée par des adultes est distribuée aux lycéens en prétendant que c’est Vincent qui « instrumentalise l’école à des fins politiques »

-  Un second tract anonyme fait à l’extérieur est donné aux lycéens.

Puisqu’une plainte contre X a été déposée, Madame Thomassin a appelé à ce que la justice travaille sereinement. Nous faisons remarquer que la justice a moins de succès que lorsqu’il s’agit de mettre en garde à vue un élu dissident le jour du meeting de François Hollande à Bondy.

Quelles mesures ont-été prises suites aux menaces d’un élu de votre majorité contre un élu de l’opposition ? Elle n’en a pas été témoin et, c’est vrai, nous ne l’en avions pas saisi officiellement.

 

Nous sommes revenus aussi sur sa déclaration particulièrement ambiguë en conseil municipal du 9 février 2012 qui mélange des délits relevant du code pénal et « les petites phrases assassines et les dénigrements » qui relèvent eux de la libre expression et qui visaient directement Bondy autrement. Elle a d’ailleurs confirmé « Oui, vous participez, à mon sens, au climat délétère » qui règne actuellement. C’est là notre principal antagonisme : Bondy autrement combat la conception monarchique de la gestion de notre commune. Si la majorité municipale actuelle considère cela comme délétère, tant pis ! Nous voulons rendre la ville aux habitants.

 

A propos des factures du SMJ : Vincent a exposé précisément les résultats de nos investigations et les questions qui restent sans réponse :

- Un peu moins de 10 000 euros de sorties pour les jeunes de Bondy (Disney, zoo de Thoiry, Aqualud, kartings, tickets cinéma etc…) ont été achetées au comité d’établissement Air France exploitation dont Mounir Matili, maire-adjoint à Bondy, est également le secrétaire.

- Cette facture ayant été perdue, on nous a fourni, après de nombreuses relances, un duplicata accompagné d’un comparatif réalisé par le service jeunesse censé démontrer qu’il était avantageux de passer par ce CE Air France.

- Nous avons découvert que le duplicata ne correspond pas (montant total, prestations, tarifs) à la facture d’origine et qu’elle a été conçue sur l’ordinateur de Mounir Matili en février 2012 pour des sorties de l’été 2011.

- Le comparatif comporte des tarifs erronés, datant de 2012 et dont certains sont supérieurs aux prix publics alors qu’ils auraient dus être avantageux pour la ville de Bondy.

 

Mme Thomassin a écouté attentivement, s’est étonnée « de tout ce temps passé pour si peu » puis a affirmé vouloir démontrer que la ville n’a pas été lésée et que tout cela est bien légal. Elle a renouvelé sa confiance et son soutien aux agents du SMJ.

 

Elle a conclu en nous appelant à ce que « nous travaillons tous ensemble pour les Bondynois ».

 

Nous préférerions travailler avec les Bondynois…

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