Métronews a sorti un article à propos de la possibilité pour le Conseil Général de refuser des enfants à la cantine pour impayés (article original ici : http://touch.metronews.fr/paris/en-seine-saint-denis-pas-d-argent-pas-de-cantine/mnju!3sZxVf8IvM3nA/). Nous remettons leur article ainsi que le communiqué du Parti de Gauche qui le premier a dénoncé cette proposition.

Rappelons que pour notre part, nous sommes favorables à la cantine gratuite pour toutes les raisons sociales évoquées ci-dessous, ET parce que c'est fondamental pour la socialisation des élèves...

L'article de Métronews :

En Seine-Saint-Denis, pas d'argent… Pas de cantine !

21 octobre INFO METRONEWS - Le Parti de gauche de Seine-Saint-Denis fustige une circulaire du 8 octobre dans laquelle le département recommande notamment de "suspendre le service de restauration" pour les collégiens dont les parents ne payent pas la cantine. L'exécutif dénonce la "récupération politique" d'un document administratif.

La circulaire, datée du 8 octobre, est signée de la main de Pascal Ribaud, le directeur de l'Education du département de Seine-Saint-Denis. En deuxième page, une énumération de mesures à prendre pour convaincre les parents des collégiens de payer la cantine. C'est le dernier point qui a fait rugir le Parti de gauche (PG) du conseil général lundi soir : "Possibilité, est-il écrit, de suspendre le service de restauration jusqu'à apurement de la dette en cas d'accumulation de factures impayées". Les enfants des mauvais payeurs chassés de la cantine ?

Les responsables locaux du PG y voient la volonté "d'accabler encore et encore" les plus démunis et "une déclinaison locale des politiques d'austérité imposées par le gouvernement". Du jamais vu, s'insurge Hélène Maunoury, la co-secrétaire du PG 93, jointe par metronews, qui souligne que dans ce département fortement touché par la pauvreté, "la cantine est parfois le seul repas de la journée pour les enfants". Les élus PG demandent, pour "tous les élèves scolarisés, un égal accès à la cantine".

"Règles de bonne gestion"

Une sortie qui agace profondément l'exécutif départemental, dirigé par le socialiste Stéphane Troussel. Au cabinet de la présidence, on indique qu'il s'agit "d'un simple document administratif rappelant les règles de bonne gestion". La circulaire a pour objectif "de réduire au maximum les situations d'impayés afin de continuer à subventionner les repas scolaires".

Le cabinet rappelle que le conseil général a adopté il y a un an une nouvelle tarification pour les cantines scolaires plus favorables aux familles pauvres du département. Cette tarification comprend "14 tranches" en fonction des revenus, qui s'échelonnent de 30 centimes à 4 euros par repas. La circulaire prévoit "la mise au contentieux" des créances qui dépassent 50 euros. "A 30 centimes le déjeuner, cela représente 166 repas impayés", calcule le cabinet. Ira-t-on jusqu'à refuser des collégiens à la cantine ? "Ce n'est pas comme ça que ça se passe", assure-t-on à metronews.

Derrière cette circulaire maladroite, les tensions budgétaires sont réelles. Le conseil général, qui fait face à une hausse de fréquentation des cantines dans les collèges, assume 14 millions d'euros de subventions par an. La "chasse aux impayés" montre surtout que ses moyens ne sont pas extensibles. La dette du département, qui ne cesse de se creuser depuis 2009, a atteint 1,12 milliard en 2014. 

Vincent Michelon

 


Voici le communiqué du PG ci-dessous :

Pour le droit à la cantine pour tous les enfants scolarisés

Dans une circulaire datée du 8 octobre dernier, le Conseil général de Seine-Saint-Denis recommande aux chefs d’établissements des collèges du département de ne plus accepter dans les cantines, les enfants dont les familles auraient des dettes envers la restauration scolaire.

Par cette chasse aux impayés, dont les premières victimes seront les élèves, Mathieu Hanotin (PS), vice-président chargé de l’éducation et de la jeunesse, via son directeur administratif, entend permettre à la collectivité de maintenir « des tarifs accessibles aux familles les moins favorisées ».

 

Le Parti de gauche 93 dénonce vigoureusement cette démarche, déclinaison locale des politiques d’austérité imposées par le gouvernement. S’attaquer aux plus démunis afin de financer une politique sensée leur être destinée est en effet incompréhensible. Alors que la précarité et le chômage contraignent, dans notre département plus qu’ailleurs, un grand nombre de foyers à accumuler les loyers et factures d’énergie impayés, il est du ressort des pouvoirs publics de les soutenir et non de les accabler encore et encore.

C’est par une politique de justice sociale et de solidarité que l’on vient en aide aux moins favorisés et non en considérant l’humain comme une question secondaire. Car en effet, c’est aux enfants qu’on s’attaque en appliquant ce type de démarche inique. Stigmatisante et contre productive, elle n’a pas sa place au sein d’un établissement scolaire.

Le Parti de gauche 93 tient par ailleurs à dénoncer le double discours de Stéphane Troussel (PS), président du Conseil général, qui est révélateur des conséquences réelles de l’austérité appliquée dans le département. Car derrière les discours sociaux se cache l’accompagnement des politiques antisociales. En effet, en février 2013, en pleine polémique autour de la hausse des tarifs des cantines, celui-ci affirmait vouloir « permettre à tous les collégiens de bénéficier d’un repas équilibré par jour car, pour certains, c’est parfois le seul ». Aujourd’hui, il demande pourtant aux établissements de ne plus accepter les enfants dont les familles ont des impayés. Que doit – on en conclure ?

Nous demandons donc à ce que tous les élèves scolarisés, quelle que soit leur situation personnelle, aient un égale accès à la cantine. On ne déroge pas avec le principe d’ égalité devant le service public.

En s’en prenant aux enfants, c’est l’avenir que le Parti socialiste insulte.

Le Parti de gauche 93

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