Par Emma Bougerol

La précarité étudiante s’est aggravée, la sélection à l’entrée des universités pénalise de plus en plus de jeunes, les chercheurs sont toujours moins nombreux : le gouvernement Macron a littéralement laissé tomber l’enseignement supérieur.

« Parfois, j’entends dire qu’il y a un échec de la politique pour l’enseignement supérieur du gouvernement. Mais non, il n’y a pas d’échec au regard des objectifs qui sont les siens. La démocratisation de l’enseignement revendiquée en 1968 n’en fait plus partie », assène Danielle Tartakowsky, historienne et ancienne présidente de l’université Paris-8. Dans son programme de 2017, le candidat Emmanuel Macron notait que « la démocratisation de l’enseignement supérieur cache des inégalités profondes ».

Allait-il s’attaquer à ces « inégalités profondes » ? Au fil de son quinquennat, il a introduit la sélection à l’entrée de l’université avec Parcoursup, et n’a pas répondu aux multiples appels au secours et alertes des enseignants-chercheurs, étudiantes et étudiants au sujet de la précarité grandissante qui touche l’université française. Les profondes inégalités se sont aggravées.

Le nombre d’étudiants est en augmentation constante en France. Depuis 1960, il a été multiplié par neuf, atteignant près de 2,8 millions d’étudiants en 2020. Dans le même temps, le budget de l’enseignement supérieur n’est lui qu’en légère hausse, et stagne si l’on prend en compte l’inflation. Résultat : le budget ne suit pas la hausse du nombre d’étudiants. L’investissement par étudiant est en chute depuis le quinquennat de François Hollande. Loin de ralentir, la dégringolade a continué durant la présidence Macron. Le nombre d’enseignants ne suit pas non plus les besoins. « On ne crée plus de postes. En 2006, il y avait eu 2670 recrutements d’enseignants-chercheurs. En 2019, il n’y en avait plus que 1332. Ça a été divisé par deux, tandis que le nombre d’étudiants n’arrête pas d’augmenter », témoigne Danielle Tartakowsky.

L’investissement par étudiant continue de chuter

Le 8 mars 2018, la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) est promulguée. Elle met en place un nouveau système d’inscription des lycéens dans les études supérieures. La nouvelle plateforme d’orientation post-bac « Parcoursup » vient remplacer APB. L’ancienne version présentait de nombreux dysfonctionnements : certains étudiants se retrouvaient sans affectation, les choix pour des filières saturées se faisaient au tirage au sort… Pour la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, cette réforme avait « un seul objectif : accueillir et faire réussir l’ensemble des étudiants qui entrent dans notre enseignement supérieur ». À la rentrée 2021, Libération rapportait pourtant que 120 000 candidats étaient encore sans affectation durant l’été.

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