La COP26 vient de s’achever à Glasgow. Pour la première fois, la diminution des énergies fossiles a été évoquée, mais sans calendrier précis. L’analyse d’Armelle Le Comte, chargée de plaidoyer Climat à Oxfam, de retour de la COP.

Basta! : Pour la première fois dans l’histoire des COP, une sortie des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et la fin de leurs financements publics sont mentionnées. Cela dit, aucun calendrier précis n’est évoqué. Peut-on donc parler de progrès, voire d’espoir de ce côté ?

Armelle Le Comte : C’est la première fois que dans un accord issu d’une COP, on mentionne nommément les énergies fossiles et le charbon. Cela représente donc une avancée certaine. Mais on reste malheureusement loin du compte et de ce qu’il faudrait faire pour espérer contenir le réchauffement climatique en deçà de 1,5°C d’ici la fin du siècle.

Concernant le charbon, le texte final dit qu’il faut réduire les quantités de charbon consommées mais sans donner de calendrier. En France, Emmanuel Macron s’était engagé à fermer les quatre centrales à charbon d’ici la fin de son mandat. On sait que ce ne sera pas le cas. Donc, même si les pays riches, responsables de la crise climatique actuelle reconnaissent qu’il y a un problème, personne n’est exemplaire dans ce dossier.

Au fil des négociations et des tractations de dernière minute, le texte a été amoindri. Chaque année 6000 milliards de dollars sont dépensés pour les énergies fossiles. Cela fait 11 millions de dollars par minute ! Le Réseau action climat (RAC) a sorti une étude qui montre qu’en 2022 la France va débourser 25 milliards d’euros en subventions néfastes pour le climat et l’environnement. Parmi ces subventions, il y a les garanties export qui transitent via la BPI (Banque publique d’investissement) pour soutenir des investissements d’entreprises françaises à l’étranger.

La France a pourtant rejoint, in extremis, le groupe lancé par le Royaume-Uni visant à arrêter d’ici fin 2022 le financement des projets fossile à l’étranger. Comment est-ce compatible avec les chiffres annoncés par le Réseau action climat ?

« Chaque année 6000 milliards de dollars sont dépensés pour les énergies fossiles. Cela fait 11 millions de dollars par minute ! »

Comme toujours, le diable se cache dans les détails. La France s’est certes engagée pour la fin de ces financements mais en précisant qu’elle ne mettrait un terme qu’aux seuls projets qui n’ont pas prévu de captage de CO2 (des techniques peu développées et très coûteuses censées stocker dans le sol les émissions de CO2 générées par exemple par une raffinerie pétrolière, ndlr). Cela réduit considérablement les ambitions de la France. Celle-ci pourrait décider par exemple de soutenir le projet d’extraction pétrolière de Total en Arctique.

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À quoi sert la conférence des parties (COP) climat, réunie à Glasgow en Écosse depuis le 31 octobre et pour deux semaines ? Comment peut-elle enrayer le réchauffement de notre planète, aux effets de plus en plus catastrophiques ?

L’été, le thermomètre s’approche ou dépasse les 50°C aux quatre coins de la planète, tandis que les montées de chaleur, les incendies et les inondations se multiplient et gagnent en intensité. Inondations en Allemagne et en Belgique, montées des eaux dans l’océan indien, Sibérie et Californie ravagées par des feux de forêts ou encore famine à Madgascar… En 2019, la planète a gagné environ +1,1°C par rapport à la période pré-industrielle. Alors que le compte à rebours est enclenché, l’humanité vit – déjà – les conséquences dramatiques de ce que l’ère industrielle a provoqué.

Que peut la COP face à l’urgence ?

Face à ce péril, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : chaque degré supplémentaire apportera son lot de nouvelles catastrophes. Les pays du Sud sont eux déjà soumis à de graves dommages, et sommés – dans l’urgence et sans moyens – de s’adapter.

Autant de désastres annoncés qui poussent de plus en plus de citoyen·nes à s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les modes de vie sont bouleversés. Des appels sont lancés. Et la société civile multiplie les actions de désobéissance. Elle défilera à nouveau lors d’une marche pour le Climat, ce 6 novembre.

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par Rachel Knaebel

Soutien aux projets citoyens, photovoltaïque sur les toits des lycées, objectif de 100 % de renouvelables… des régions se sont engagées vers la transition énergétique, même si leurs marges de manœuvres dépendent aussi du bon vouloir de l’État.

C’était une ancienne décharge, c’est devenu en 2018 un parc photovoltaïque de 714 panneaux dans le village gardois d’Aubais. Un terrain sur lequel « on ne peut pas faire d’agriculture », précise bien Sophie Setbon Cuisinier, la présidente de la société du Watt Citoyen, en échos aux controverses sur l’artificialisation de terres liée à l’installation de panneaux solaires. Watt Citoyen est une société anonyme à fonctionnement coopératif. Pour ce parc photovoltaïque, elle a réuni 274 sociétaires, qui ont investi en tout 220 000 euros. Le reste du financement est venu d’une autre coopérative, Enercop, qui distribue de l’électricité, de l’entreprise qui a construit le parc, Luxel, et, surtout, de la région Occitanie.

Le parc d’Aubais fait partie des premières installations sélectionnées pour l’appel à projet lancé en 2014 par la région [1]. Le programme soutient des projets citoyens d’énergies renouvelables à hauteur d’un euro de subvention pour chaque euro citoyen investi, dans la limite de 100 000 euros par projet. « La région n’a demandé aucune clause en échange de la subvention, elle n’est pas partie prenante du projet, précise Sophie Setbon Cuisinier. La seule condition était que cela ne pouvait pas être un seul particulier qui mettait l’argent, il fallait que l’investissement citoyen se fasse par tranche de 500 euros maximum par personne. »

Entre 2014 et 2019, la région Occitanie a ainsi soutenu 90 projets citoyens d’énergies renouvelable, pour la plupart des parcs photovoltaïques sur des toits, mais aussi quelques parcs solaires au sol, comme à Aubais, ainsi qu’une poignée d’installations éoliennes et hydroélectriques. « Ce sont des projets importants pour le développement local car ils travaillent avec des entreprises de la région », défend Agnès Langevine, vice-présidente (ex-EELV) de la région Occitanie, chargée de la transition énergétique.

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par Rachel Knaebel

Des acteurs de la finance s’intéressent de plus en plus aux énergies renouvelables. Est-ce le signe d’une transition écologique incontournable même aux yeux des gros acteurs financiers ? Ou cela met-il en danger un développement des renouvelables participatif et citoyen ? Basta ! a enquêté.

Dimanche 9 mai, des dizaines de milliers de personnes ont défilé en France pour demander une loi climat à la hauteur des enjeux. Un exemple parmi beaucoup d’autres des manques de cette loi climat, adoptée le 4 mai à l’Assemblée nationale et désormais en discussion au Sénat : elle n’évoque presque pas les énergies renouvelables. Elle prévoit simplement une obligation d’installation de panneaux solaires sur « tout nouvel entrepôt, supermarché et ombrière de stationnement », mais seulement sur moins d’un tiers de leur surface. Et cette obligation peut être remplacée par des toitures végétalisées.

Pourtant, la France s’est fixé comme objectif d’atteindre plus de 30 % d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’énergie d’ici 2030. Nous en sommes encore loin : les énergies renouvelables représentaient 17 % de la consommation finale d’énergie en 2019 [1]. Pour la seule électricité, un quart de la consommation métropolitaine a été couverte par des énergies renouvelables au cours de l’année 2020, dont 13 % par l’hydroélectrique, près de 9 % par l’éolien, un peu moins de 3 % par le photovoltaïque [2].

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par Samy Archimède

Avec sa « loi climat », le gouvernement entend aussi réformer le code minier, qui date de Napoléon 1er. La promesse affichée – soumettre une industrie très polluante aux exigences écologiques – risque, une fois de plus, de ne pas être tenue...

Dix-sept ans après la fermeture de la dernière mine de charbon en France, va-t-on rouvrir des mines d’or, d’étain, de tungstène ou de lithium pour pouvoir fabriquer nos smartphones, construire nos éoliennes et rouler en voiture électrique ? Chaque année, des entreprises déposent des demandes de permis de recherche dans le Limousin, en Bretagne ou en Occitanie. Pour le gouvernement, certaines matières premières cachées sous nos pieds pourraient même devenir le fer de lance d’une reconquête industrielle. Et permettre à notre pays de réduire ses importations de métaux.

Cette ambition implique toutefois de rendre « acceptable » le retour dans notre paysage d’une industrie qui a laissé derrière elle de bien mauvais souvenirs. C’est tout l’enjeu de la réforme du code minier actuellement en débat à l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi « Climat et résilience », censé traduire dans la législation les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, mais dont la plupart des mesures ont été très affaiblies, voire abandonnées [1]. Ce code minier, issu d’une loi datant de Napoléon 1er, fixe les conditions d’octroi et de prolongation des permis d’exploration et d’exploitation des mines (métaux), carrières (sable, pierres, gypse) et hydrocarbures. Il détermine la responsabilité des acteurs face aux conséquences environnementales de cette activité.

Le code actuel néglige les enjeux écologiques et démocratiques

Réformer ce texte poussiéreux est devenu impératif car il néglige les enjeux écologiques et démocratique devenus incontournables. « Ça fait dix ans qu’il est urgent de réformer le code minier. On n’a jamais vu une urgence mettre autant de temps à aboutir », ironise Olivier Gourbinot, coordinateur de France nature environnement (FNE) dans le Languedoc-Roussillon. « Même la pire des réformes sera une avancée », lâche le juriste, car « aujourd’hui, on continue de délivrer des permis de recherche et d’exploitation sans aucune considération environnementale et sans participation du public ou presque ».

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