La différence de proportion de diplômes entre Bondy et la France est criante.
L’INSEE indique que 32 % des Bondynois.es n’ont aucun diplôme alors que ce chiffre est de 11 points inférieur en France (21%). C’est d’autant plus inquiétant que cet écart s’est encore aggravé dans la dernière décennie.
Notre ville pourrait aider à corriger cette inégalité en faisant de la réussite scolaire sa vraie priorité.
Quelle aide plus durable peut-on apporter aux jeunes générations ?
Y a-t-il même un moyen plus efficace d’éviter la dérive de ceux qui sont "inemployables" et réduits à une délinquance de survie ?
Comment peut-on laisser des jeunes nés en France quitter le système scolaire sans savoir véritablement lire et écrire, comprendre les enjeux actuels, avoir un regard informé sur la réalité ?
En France, 49 % de la population est titulaire du bac ou un d'autre diplôme du supérieur mais nous ne sommes que 44 % à Bondy. Cet écart s’est réduit au cours des dix ans passés mais il faudrait plus de cinquante ans à ce rythme-là pour arriver à l’égalité. Autant dire qu’on ne peut pas se contenter de laisser le temps faire son œuvre.
Évidemment, Bondy ne peut pas résoudre seule cette différence. C’est pourquoi la mobilisation est nécessaire contre la fermeture de 105 classes à la rentrée 2025 en Seine-Saint-Denis. Si la démographie baisse, profitons-en pour réduire les effectifs et aider les élèves en difficulté !
Alors comment Bondy peut-elle agir ? Nous réclamons depuis des années une nouvelle école en centre-ville pour désengorger celles où des préfabriqués ont réduit l’espace des cours. Le projet d’une nouvelle école aux abords du Canal de l’Ourcq est lancé mais nous n’avons guère de détails. Dès la rentrée 2025, il serait possible de mettre en place la cantine gratuite puisqu’il est établi qu’elle peut favoriser l’intégration sociale des élèves et donc leur réussite scolaire.
« Rendre la ville à ses habitant.e.s », c’est aussi les rendre capables de comprendre et d’intervenir. C’est le projet de Bondy autrement.
Pour une analyse plus détaillée des chiffres :
Nous nous sommes servis des données de l’INSEE, qui pourraient être améliorées pour être à la hauteur du service public souhaitable (voir notre article passé intitulé « combien sommes-nous ? »…).
Les chiffres de 2021 mentionnent un taux de Bondynois.es sans diplôme de 31,9 %, alors qu’au niveau national, le chiffre est inférieur de 11 points (21,1 % de la population). Cet écart s'accroît puisqu'il était de 9,5 points en 2009 (29,9% en France et 39,5% à Bondy) mais qu'il est monté à presque 11 points en 2020 (21,1 % en France mais 31,9 % à Bondy).
Le taux d'obtention d'un diplôme s'est amélioré tant en France qu’à Bondy entre 2009 et 2020. Les sans-diplôme ont baissé de 9 points au niveau national (de 29,9 à 21,1%) et de 7,5 points à Bondy (de 39,5 % à 31,9%). Relativement, la baisse est donc moins forte à Bondy et l'écart s'est donc encore accru.
Entre 2009 et 2020, le taux de diplômés du bac ou du supérieur a progressé de 9 points en France (de 40,1 % à 49 %), tandis qu’à Bondy ce taux a progressé de 10 points (de 34,2 % à 44 %). Malgré l’amélioration entre 2009 et 2020, il reste que la partie des bacheliers et diplômés du supérieur est inférieure de 5 points à Bondy par rapport à la France entière (de 44 % à 49 %) en 2020. En 11 ans, l’écart s’est donc réduit d’1 point. Il faudrait donc encore au moins 50 ans à ce rythme-là pour qu’il disparaisse.
Le 8 mars 2025, le conseil municipal a eu connaissance du rapport de la commission d’étude sur la cantine à Bondy. Nous assistions à la séance. Depuis des années, nous faisons la proposition que la cantine soit gratuite afin de favoriser la réussite scolaire des enfants de Bondy. Cette proposition est d’ailleurs assez pertinente pour être étudiée par le Conseil de la Famille*.
Nous avons appris que le coût de cette mesure à Bondy serait d’1,6 million par an. Sur les 100 millions de fonctionnement annuel, c’est absorbable. D’autant que si la réussite scolaire devenait vraiment la priorité de la mairie, d’autres problèmes pourraient y trouver une solution, comme la quantité des jeunes déscolarisés et sans diplômes qui se livrent au trafic, faute d’emploi.
L’étude réalisée à Bondy a montré que les familles les plus populaires inscrivent moins leur enfant à la cantine : il y a un écart de 10 points selon les quartiers. Le prix est clairement un problème : le manque de fréquentation s’explique pour moitié par le prix (27 % viendraient si c’était moins cher et 23 % si c’était totalement gratuit).
Alors qu’attend la mairie ?
La commission d’étude devant rendre son rapport final en juin, tout est fait pour retarder la mise en place de la cantine gratuite à Bondy. La mairie a pris moins de temps pour étudier l’armement de la police municipale ou encore généraliser le stationnement payant !
*Le HCFEA écrit ainsi : « Les enjeux de la restauration scolaire sont multiples : santé publique (accès à une alimentation équilibrée, qui est une condition nécessaire de l’apprentissage scolaire, et éducation à l’alimentation) ; lutte contre la pauvreté ; articulation entre vie familiale et vie professionnelle ; apprentissage du vivre ensemble. En conséquence, tous les enfants doivent pouvoir accéder à un service de restauration scolaire délivrant des repas de qualité, goûteux et équilibrés sur le plan nutritionnel. Les politiques publiques dans ce domaine doivent permettre de lever les freins financiers ou non financiers, qui restreignent la fréquentation de la restauration scolaire ». Sa synthèse est ici : https://www.hcfea.fr/IMG/pdf/la_restauration_scolaire_synthe_se.pdf