La commission municipale chargée d’étudier la cantine a auditionné une délégation de Bondy autrement le lundi 16 décembre 2024. Deux membres de Bondy autrement et deux représentantes des familles mobilisées pour la cantine gratuite composaient notre délégation.
Nous avons remis les pétitions avec 1 161 signatures en faveur de cette proposition.
L’échange a été constructif, et ce n’est pas qu’une formule. Nous en retenons que la commission n’exclut pas le passage à la cantine gratuite, et il semble envisagé de le faire progressivement par strates d’âge.
Nous avons aussi évoqué le SIPLARC, qui est le service public de fabrication des repas. Une privatisation semble désormais exclue, ce qui nous satisfait. Le développement du SIPLARC semble sérieusement réfléchi, ce qui va aussi dans le sens de notre demande.
Nous avons redit que le traitement des familles, maintenant et au moment de la régularisation des factures, n’était pas satisfaisant : les cas que nous avons signalés étaient légitimes mais ont rarement été pris en compte par l’administration municipale.
Rappelons notre réflexion.
Nous demandons la cantine gratuite d’abord dans un objectif pédagogique. La fréquentation de la cantine est un facteur déterminant de socialisation parce que les enfants y apprennent à se connaître, s’y font des camarades de jeu. C’est déterminant pour l’ambiance scolaire. À l’inverse, l’enfant qui rentre chez lui le midi verra plutôt l’école comme un lieu d’apprentissage, s’il réussit, et non comme un lieu de vie. S’il est en échec scolaire, l’école tout entière sera un échec pour lui. Une étude menée en 1996 par le spécialiste de la violence scolaire, Eric Debarbieux, avait établi un lien entre les établissements les plus difficiles et le très faible taux de demi-pensionnaires.
Il ne s’agit donc pas de demander bêtement que l’on nourrisse les pauvres, encore que nous pensons qu’en 2024, un des pays les plus riches de la planète devrait pouvoir offrir quatre repas par semaine en période scolaire à ses enfants. Ajoutons d’ailleurs que ce ne sont pas les pauvres qui sont visés uniquement mais absolument tous les enfants, sans discriminations, c’est l’idée même du projet.
Sur le coût, l’ancienne maire parlait de 800 000 euros et le nouveau maire de 650 000 euros. Nous faisons l’hypothèse la plus haute en parlant de 2,5 millions d’euros, à partir des factures en retard. Mais même à ce prix le projet est défendable sur un budget de 140 millions d’euros pour la ville par an. Il suffit de penser aux 850 000 euros que touchent les élus de la mairie, aux 600 000 euros repris à l’ASB ou à l’économie de 800 000 euros sur le nettoyage par la société Guilbert. On est déjà presque au total. Nous comptions sur la commission pour nous dire le coût réel de cette mesure en l’état actuel, mais il n’y a pas de chiffre précis de la part exacte que les familles paient.
La question du coût se complique un peu, paraît-il, parce que de nouveaux enfants mangeront sans doute. C’est très probable ! Cela prouve que la cantine gratuite favorise la participation des enfants plus et mieux qu’aucun autre système ! Il ne s’agit pas pour nous de nous satisfaire d’un tarif minimum : le simple fait de devoir remplir un dossier et de fournir des documents pose problème. Si vous voulez éviter que les gens réclament, demandez-leur de remplir un dossier, vous perdez déjà 30 % des demandeurs ! C’est ce qu’on appelle le non-recours. D’ailleurs, la gratuité permettra aussi à la mairie de faire des économies, ne serait-ce que par le temps qui ne sera plus utilisé pour faire les factures ou relancer les retardataires. Et cela évitera les erreurs, d’autant qu’il faut bien dire que les dossiers que nous avons suivis n’ont pas été aussi facilement résolus qu’on nous l’avait laissé entendre ! Et de nouvelles erreurs apparaissent, où les enfants qui ne fréquentent pas les activités municipales sont quand même facturés !
Le maire avait évoqué le risque que la qualité baisse avec la gratuité. Cet argument ne tient pas : les enfants peuvent se plaindre alors que la cantine est payante et il paraît que la cantine du Sénat est très peu chère et qu’on y mange très bien : la question est de savoir combien on investit dans ce projet.
Il faut aborder franchement la question sous-jacente : nous ne pensons pas que l’argent soit la valeur de toute chose. Nous pensons même que la gratuité porte une valeur plus grande que l’argent : les militants associatifs donnent leur temps sans compter mais ne le feraient pas pour de l’argent, par exemple. Et pour reprendre une expression connue, quand on dit : « ça n’a pas de prix », cela ne signifie pas que cela n’a aucune valeur mais au contraire que la valeur ne peut pas être compensée par une somme d’argent, aussi importante fût-elle. Rappelons que l’amitié, le respect ou l’amour n’ont pas de prix, sinon cela devient de la corruption ou de la prostitution !
Mais bien sûr il y a un coût : c’est aux impôts de s’en charger. Nous ne payons pas directement les professeurs de nos enfants et pourtant nous accordons de la valeur à l’école, pareil pour les infirmières à l’hôpital. Les impôts s’en chargent et si les riches paient plus que les pauvres pour ensuite répartir équitablement, c’est de la justice sociale.
Il nous faut aussi aborder une question plus « politicienne ». Nous avons entendu l’argument selon lequel la cantine gratuite devrait être combattue parce que cette proposition risquait de faire réélire Stephen Hervé. Les électeurs et les électrices répondront à cette question. Mais effectivement, quand la cantine gratuite a été mise en place par un maire de droite à Drancy, cela a semblé très « disruptif ». Et il a été réélu. Mais pour voir un peu plus loin, cela a sans doute été considéré par les catégories populaires comme une avancée sociale alors qu’elles subissent de façon permanente les atteintes à leurs droits et le mépris de ceux qui pensent qu’elles ne sont « rien », comme dirait l’autre. Ce serait donc un signe fort à envoyer aux habitant.e.s de Bondy.
Enfin, cette mesure entraînera nécessairement des besoins nouveaux : un besoin d’Atsem en plus puisque dans certaines écoles les demi-pensionnaires ne font pas la sieste à l’école, et il faudra plus de places dans les dortoirs et plus de personnels pour surveiller les enfants ou les servir et les aider à manger en maternelle. Il faudra des extensions des réfectoires selon les endroits.
Un dernier mot sur le SIPLARC chargé de fournir les repas que nous rencontrons ce mercredi : nous sommes favorables au maintien de ce service public parce que cela permet à la mairie de décider de l’approvisionnement notamment (agriculture de proximité, bio, confection des repas, etc.). Cela demandera de donner les moyens de se développer au SIPLARC.
Bondy autrement a toujours défendu l’idée qu’une seule priorité devait guider l’action de la mairie : l’école. La cantine gratuite serait un pas décisif en ce sens.
Et nous ferons une dernière initiative au marché de Bondy sud le samedi 7 décembre à 10 h ! Si vous voulez y participer, vous êtes bienvenu.e !
Les pétitions seront ensuite remises à la commission municipale chargée d'étudier les questions liées à la cantine.
La réunion de Bondy autrement de ce vendredi 22 a décidé d'une mobilisation générale mardi 26 novembre pour la cantine gratuite !
Nous distribuerons à la gare notre journal de novembre dont deux pages concernent la cantine gratuite : de 6h30 à 8h.
Et le soir SURTOUT, nous ferons signer les gens qui rentrent du travail de 17h à 19h. Il faut au moins dix personnes pour faire signer la pétition parce que les gens sont très nombreux à passer.
Nous comptons sur toutes les personnes disponibles !
A mardi !
Madame la Présidente,
L'association Bondy autrement s'est émue des difficultés du SIPLARC quand elles ont été connues et nous avons bien noté que le blocage de leur contribution par les deux communes est largement responsable de ces difficultés.
Nous avons rappelé que nous voulions maintenir un service public de qualité, ne serait-ce que pour avoir la main sur l'origine des produits ou la composition des repas. Le risque de déléguer ce travail au privé n'est pas écarté.
Nous sommes engagé.e.s actuellement pour exiger la cantine gratuite de la part de la municipalité de Bondy et de nouvelles questions viennent avec force.
Nous souhaitons aujourd'hui vous rencontrer pour les aborder:
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Des parents réclament un repas végétarien au choix mais nous voyons sur votre site qu’il existe déjà. Comment améliorer la communication ?
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Quel est le budget nécessaire au SIPLARC ? Comment se décompose-t-il ?
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La suppression du SIPLARC est-elle un risque ?
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Le maire de Bondy avait évoqué le souhait que Noisy ne prélève pas de loyer pour l’espace qu’occupe le SIPLARC, où en est cette question ? Pour notre part, nous trouvons problématique que la municipalité de Noisy perde cet espace et ne soit pas dédommagée, à moins d’imaginer des travaux pour répartir les locaux sur les deux villes en fonction de leur poids dans le syndicat, ce qui nous semblerait une dépense inutile.
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Est-il possible de passer de 10 000 à 14 000 repas par jour ? Des travaux sont-ils prévus pour augmenter la capacité de production des repas?
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A quel rythme se réunit la commission d’usagers ?
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Vous évoquezla création des Petits Ambassadeurs du Siplarc. Où en est ce projet visant à mieux intégrer les enfants ? Certains se plaignent des repas.
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Quelles démarches peuvent permettre d’éveiller à la variété des goûts ? Par exemple, les ateliers du diététicien du SIPLARC, Vincent, avec des classes de CE2 à Noisy et Bondy (une classe différente par mois si nous avons bien compris) ont touché 300 enfants, a-t-on constaté un impact sur la façon de manger des enfants ? De même, l’initiative 4 jours par semaine d’ateliers culinaires avec Sébastien, le cuisinier du SIPLARC chargé des animations, touche combien d’enfants par an ?
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Sur Bondy, votre site donne les écoles maternelles et élémentaires Camille Claudel pour faire la pesée des aliments jetés. Des écoles plus nombreuses le font à Noisy. Y a-t-il une raison à cette différence ?
Salutations citoyennes,
Pour Bondy autrement,
Dominique Pierronnet
A partir de 2h08, jusqu'à 2h33, ils parlent de la commission qui doit traiter notamment de la cantine gratuite.
Signalons que ce n'est qu'une commission visant à réfléchir à la cantine. La mobilisation citoyenne doit se poursuivre pour obtenir gain de cause et la cantine gratuite dans les écoles à la prochaine rentrée !
https://www.youtube.com/watch?v=tnTy5yQQRso
