Les enseignants et les parents d’élèves de Bondy sont mobilisés pour les élèves.
Attal, avant de devenir premier ministre avait lancé le « choc des savoirs ». Il s’agit surtout de créer des groupes de niveau. Une réforme mal conçue : toutes les études montrent qu’un groupe fonctionne mieux quand il comporte de la diversité. On imagine que le groupe des élèves en difficulté sera destiné à arrêter vite les études.
Mais le groupe des élèves moyens ou bons n’aura pas de moyens supplémentaires.
En effet, la réforme se fait à budgets constants : il faudra payer ce nouveau dispositif en supprimant ce qui existe déjà, comme les demi-groupes qui sont très utiles, puis les enseignements facultatifs ou à faible effectif, comme le théâtre, le latin ou l’allemand.
Par ailleurs, il n’y aura plus de classe entière ni en français, ni en maths (puisque les groupes de niveau ne comporteront pas tous les élèves d’une même classe). Cela va encore compliquer la rupture pour les élèves arrivant en Sixième. Cela empêchera aussi que les professeurs de français ou de maths soient professeurs principaux d’une classe.
Passons sur le nouvel attrape-nigaud visant à éviter la question des moyens : l’uniforme, qui sert d’échappatoire (comme ce fut le cas de l’abaya à la rentrée de septembre).
Mais la lutte actuelle ne vise pas qu’à empêcher une nouvelle attaque contre l’école. Elle est aussi porteuse de revendication : un plan d’urgence pour le 93.
L’infirmière et la psychologue scolaire sont seules pour 7 écoles ! Il n’y a aucune infirmière dans un lycée de 1200 élèves. L’urgence est bien de donner des moyens à l’école.
La mobilisation actuelle est salutaire pour l’avenir de nos enfants. Soyons toutes et tous solidaires des enseignants et des parents !
Le jeudi 7 mars, venez à la réunion organisée à la mairie sur ce sujet à 18h00 !
A Bondy, le manque d’une école supplémentaire se fait toujours sentir en centre-ville mais les constructions vont bon train pour gaver les promoteurs immobiliers. L’argent passe avant l’enfant. Mais c’est compromettre l’avenir : l’école est le meilleur cadeau que la ville peut léguer à sa jeunesse.
Bien sûr, nous subissons aussi les politiques nationales : il suffit d’avoir entendu les attaques contre l’école publique de l’ancienne ministre de l’Éducation Nationale.
D’autant que sous prétexte d’améliorer les résultats scolaires, de nouvelles attaques sont lancées : des groupes de niveaux dont on constate qu’ils ne stimulent ni les meilleurs ni les moins bons, et un nouveau débat vestimentaire passionnant pour cacher la vraie question : l’uniforme à la place de l’abaya.
C’est d’une vraie priorité à l’école publique dont nos enfants ont besoin ! Cela passe par des revalorisations salariales pour motiver d’éventuelles candidatures à enseigner. Cela passe par une réforme du métier en consultation avec les chercheurs et les syndicats. Et cela passe par des moyens supplémentaires.
A l’inverse, Attal ayant exigé des économies, la nouvelle ministre de l’Éducation Nationale, Nicole Belloubet, s’est précipitée pour annoncer qu’elle réduisait encore les moyens de son ministère. Ce seront 692 millions d’euros en moins pour 2024 ! Et ce manque de moyens obligera à supprimer des dispositifs efficaces comme les demi-groupes pour financer le mauvais projet discriminatoire des groupes de niveaux !
Et les 430 000 enfants en situation de handicap ? Leur intégration demande des personnels supplémentaires quasiment impossibles à recruter tant les conditions de travail et de salaires sont pénibles. Attal avait le projet de faire que les surveillants en soient chargés, mais ils n’ont pas la formation. Tant pis pour les enfants ?
Pour toutes ces raisons, une grève reconductible est lancée pour le lundi 26 février. Bondy autrement appelle tou.te.s les citoyen.ne.s à soutenir les personnels pour promouvoir un service public de l’école digne de ce nom. Nos enfants valent mieux que les bénéfices boursiers du CAC 40 !
Nous venons d'apprendre le décès de Jean RIOULT, ancien inspecteur de circonscription de l'éducation nationale. Voici l'article que nous avions publié le 31 mars 2010. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches.
A l’occasion de la remise de la médaille de l’Ordre du Mérite, une réception était organisée à la salle des fêtes municipale, le mardi 30 mars dernier. Cette cérémonie rassemblait des collègues, familles, animateurs, instituteurs, conseillers pédagogiques qui avaient travaillés aux côtés de Monsieur Jean RIOULT, ancien Inspecteur de l’Education Nationale, circonscription Bondy-les Pavillons sous Bois. Instituteur en provenance de sa Normandie natale, Jean RIOULT a suivi à St Cloud une formation d’Inspecteur Départemental de l’Education Nationale avant d’être nommé dans notre ville et d’y travailler pendant 24 années. Animateur puis coordinateur des activités périscolaires dans 11 écoles, j’ai eu beaucoup de joies d’exercer parmi son équipe pédagogique à la fin des années 80. Soucieux de l’avenir des enfants issus de quartiers populaires, Jean RIOULT avait mis en œuvre, avec le soutien de la municipalité représentée par Denise JEAN, ancien Maire adjoint, une politique qui s’appuyait sur des circulaires ministérielles. Par ce biais, de nombreuses actions favorables à l’épanouissement de l’enfant dans ses apprentissages étaient proposées. Les Instituteurs, principaux acteurs de ce projet, se sont souvent dépassés dans leurs travaux ainsi que les animateurs associatifs des maisons de quartier qui encadraient des ateliers. Les familles n’étaient, bien sûr, pas épargnés dans l’action éducative de leurs enfants. Rassembler et travailler ensemble correspondaient bien à l’esprit fraternel de Jean RIOULT. Avec grande émotion, il nous a informés que la reconnaissance était encore plus grande quand celle-ci provenait du témoignage direct d’une ancienne élève qui l’avait vivement remerciée de son soutien primordial, lui offrant ainsi un avenir professionnel radieux. J’ai été très sensible au texte de Monique CAZES, (ancienne enseignante à Bondy-nord), qui a su avec précision nous présenter Jean RIOULT tel que nous l’avons connu avant de l’honorer solennellement. Ce soir là, la médaille de l’ordre du mérite remise à un homme d’immense mérite revenait à Jean qui, à l’image de notre ancien Sénateur-Maire, Maurice Coutrot, a su démontré tout son attachement à l’évolution scolaire de l’enfant Bondynois. Je garderai le meilleur souvenir de son action éducative à Bondy. Vivre l’école autrement : une expérience à vivre absolument.
Ecole de toute la jeunesse, l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire doit être la priorité du pays. Elle doit assurer l’égal accès de toutes et tous aux mêmes enseignements, dans les meilleures conditions sur l’ensemble du territoire. Cela passe par des politiques qui assurent la mixité sociale et cassent les phénomènes de ghettoïsation et de séparatisme social.
Seule l’école publique laïque scolarise tous les jeunes. Il est plus que temps de cesser de les diviser. L’enseignement privé sous contrat, financé à 73 % par l’argent public, sépare les élèves. Ceux de familles très favorisées en constituaient 26,4 % des effectifs en 2000, ils en représentent 40,2 % en 2021. Les élèves de milieux favorisés ou très favorisés y sont majoritaires (55,4 % en 2021 contre 32,3 % dans le public).
Le public scolarise trois fois plus d’élèves boursiers (29,1 %) que le privé (11,8 %). La concurrence inégale et faussée de l’enseignement privé sous contrat participe à la ghettoïsation, notamment des quartiers populaires. Le financement collectif du séparatisme social et scolaire n’est pas acceptable, l’argent public doit aller à l’école publique. Cela permettra notamment une gratuité complète effective, particulièrement utile à la scolarisation des élèves des familles les plus défavorisées.
Redonner espoir et ambitions à toute la jeunesse, nécessite de concrétiser partout les visées émancipatrices de l’école publique laïque. Elle ne se défie pas de ses élèves. La laïcité scolaire doit leur permettre d’entrer dans une dimension réflexive et critique dans laquelle, dans le cadre de la loi, leurs questionnements ou avis sont légitimes et mis en perspective par les programmes et les enseignements.
Attaques des réactionnaires
Laïque bien avant la République, l’école publique fait le choix des savoirs et de la raison pour participer à la construction de l’esprit critique et d’une pleine liberté de conscience. Elle promeut l’égalité de genre et combat toutes les formes de discrimination et de racisme. Des citoyens et citoyennes, formés dans le cadre républicain du principe de laïcité, peuvent ainsi faire obstacle à toutes les dominations.
Faute de moyens et d’ambition pour son développement, faute d’une défense véritable face aux attaques qu’elle subit de la part des réactionnaires de tous bords, l’école publique laïque est aujourd’hui abîmée, y compris par des réformes et expressions gouvernementales.
L’école publique laïque n’incarne pas un idéal éthéré derrière lequel se réfugier à chaque drame pour mieux poursuivre ensuite les politiques de son affaiblissement. Les attentats islamistes comme les offensives réactionnaires (dans lesquelles fondamentalismes religieux et extrême droite sont très actifs) contre des enseignements, des établissements et des personnels, le relativisme scientifique galopant, la désinformation rappellent les enjeux démocratiques inhérents au renforcement de l’école laïque. Les politiques publiques, y compris de l’institution scolaire, doivent cesser de l’affaiblir.
Pour une école pleinement utile à la jeunesse, il faut investir dans la formation initiale et continue de tous les personnels, dans une revalorisation sans condition de leur rémunération, leur garantir un cadre de travail respectueux de leurs hautes qualifications et de leur personne. Il faut des actes pour assurer la protection, le respect et la valorisation des personnels comme de leurs métiers.
Incarnation quotidienne de la laïcité
L’école publique laïque doit recevoir les moyens humains et matériels lui permettant de faire vivre ses ambitions intellectuelles et civiques. Elle crée les conditions de l’émancipation en protégeant de tout prosélytisme et en faisant cesser en son sein toutes les assignations. Cela doit être préservé et expliqué. Y faire venir, étudier, s’épanouir tous les jeunes doit être une exigence nationale.
Ce n’est pas le projet de celles et ceux qui prétendent défendre la laïcité de l’école, soit pour stigmatiser les musulmans, soit pour y perpétuer leurs tutelles morales, religieuses, sociales, économiques. Face à ces défis, il faut que le principe de laïcité et les conditions de son application permettent l’accueil de tous les élèves sans discrimination et sans concession à l’égard de toutes les formes de pression ou de prosélytisme. L’incarnation quotidienne de la laïcité à l’école ne doit en aucun cas la dénaturer en la faisant passer pour ce qu’elle ne peut pas être, une règle disciplinaire ou une doxa parmi d’autres. L’école laïque doit faire percevoir l’utilité pour toutes et tous du principe de laïcité.
Il est urgent que la République soutienne pleinement son école, la seule école de toute la jeunesse vivant dans ce pays. Ensemble nous nous tenons debout, afin de construire le rapport de force nécessaire pour réaliser partout les ambitions de l’école publique laïque.
Liste des signataires : FSU, CGT Educ’action, SUD Education, UNSA Education, Association des libres-penseurs de France, Céméa, Comité nationale d’action laïque, Coopérative des idées 93, FCPE, Fédération nationale des DDEN, Fédération nationale de la libre-pensée, Jeunesse en Plein Air, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Réseau français des villes éducatives, Solidarité laïque, Ligue de l’Enseignement, Mouvement national lycéen, l’Union étudiante, Union nationale des étudiants de France, Union syndicale lycéenne.