1. Le flirt des scénarios pour la sobriété
Fin 2019, le Giec dégaine un rapport qui en a surpris plus d’un : il a dégotté une centaine de scénarios, dans le monde, compatibles avec l’objectif de maintenir la hausse des températures planétaire à 1,5 °C. « Certes, les conditions pour tenir une telle trajectoire sont très radicales, commente Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt d’expert·es indépendant·es en énergie. Mais, quoi qu’il en soit de leur faisabilité, ces scénarios révèlent un basculement historique en cours dans leur conception. »
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Pendant des années, les trajectoires à 2050 faisaient la part belle à des solutions risquées (nucléaire, capture et stockage du CO2, etc.) pour maîtriser le dérèglement. « Ce n’est plus le cas, nous montre le Giec, souligne Yves Marignac. Une nouvelle philosophie est en train de prendre le pas sur la logique productiviste et techniciste, pour donner la priorité à la réduction de la demande en énergie mais aussi à la cohérence avec des objectifs sociétaux autres que la simple baisse des émissions – réduction de la pauvreté, sécurité alimentaire, etc. » Et le Giec lui-même aborde désormais la sobriété comme un levier de premier ordre pour sortir des fossiles. « Il montre qu’un changement des comportements, en matière de consommation d’énergie, pourrait conduire à des réductions d’émissions de CO2 supérieure de 40 % à 60 % par rapport aux scénarios de référence actuels des États. »
Une nouvelle philosophie est en train de prendre le pas sur la logique productiviste et techniciste.

