Garant du droit au logement, l’Etat peut encore sortir de la “non-assistance à personnes mal-logées” que le CAL a dénoncé devant la justice le 13 février 2025. Il doit pour cela s’appuyer sur 5 priorités :
Les locataires du « S » rue du potager étaient nombreux au conseil de quartier du Mainguy le lundi 1er décembre 2025 pour suivre la présentation de la réhabilitation de leur bâtiment en 2026. Il y a un an déjà, une délégation de locataires avait remis une pétition sur cette réhabilitation au maire et à une directrice d’Est Ensemble Habitat. Aucune réponse n’a été donnée à ces Bondynois.es. Il semblerait que le respect des locataires est une option qui n’est pas fournie à Est-Ensemble Habitat ou la mairie.
Une vidéo de promotion commerciale a été projetée, avec des images de synthèse proposant une promenade aux abords du bâtiment. Le carrelage dans les cages d’escalier serait couleur « champagne » et ceux qui en feront la demande pourront faire installer une douche.
Mais les familles ont d’autres soucis ! Essentiellement sur l’environnement dégradé du quartier, sur le parking qui sert de lieu de vente de protoxyde d’azote, de cigarettes de contrebande et de pièces détachées autos. Réponse du bailleur et du maire : « C’est pas nous ! On mettra des caméras et la police municipale circulera ! »
Même ambiance à Blanqui : la réhabilitation avait été présentée le 19 juin mais le directeur et le maire avaient interrompu la réunion, parce que les habitants exprimaient leur mécontentement ! Une nouvelle réunion sur la réhabilitation du quartier Blanqui s’est tenue le mercredi 3 décembre 2025, avec moins de 10 locataires ! C’est peu pour un si grand espace ! L’information inexistante avait certainement pour but d’éviter la présence des habitants mécontents, tout en prétendant avoir tenu la réunion... Le directeur technique adjoint a tenté de rassurer les habitants en prétendant qu’ils ne respireraient pas un gramme de poussière d’amiante lors du grignotage de la barre Blanqui car elle serait enveloppée par une toile géante ! Le Maire a aussi annoncé qu’il avait décidé de limiter le nombre de places de parking en extérieur pour privilégier un parking souterrain réalisé sous le terrain de sport, éloigné des logements, payant et limité en places. Quels locataires en bénéficieront ? Aucun, sans doute.
Les locataires qui espéraient être entendus sur la non démolition des petits 4 étages, attendent des volets dans leurs logements exposés au soleil, veulent un meilleur entretien de leurs espaces collectifs, devront se contenter d'attendre que EEH et la municipalité de Bondy décident sans eux.
Quant à Bondy-nord, plusieurs habitants sont en train de se mobiliser, notamment parce que la fenêtre de la cuisine sera rapetissée, sans parler du manque de respect à l’égard des occupants par l’entreprise et le bailleur qui modifient le calendrier et les plans sans informer les locataires ni répondre à leurs critiques.
Il est vraiment temps de rendre la ville à ses habitants, c’est ce que « Bondy autrement » exige : les habitant.e.s ne doivent pas être « informé.e.s » des réhabilitations, ils et elles doivent les décider !

Cet après-midi, le Parlement va entendre une déclaration de politique générale qui ne saurait se réduire à la seule question de la suspension de la réforme des retraites pour 18 mois. Il sera aussi question de la politique du logement. Depuis des années, le président saborde ce qui reste du modèle social français.
En nommant Vincent Jeanbrun, Sébastien Lecornu poursuit la politique de destruction du logement social méthodiquement appliquée depuis 2017. Vincent Jeanbrun, député et ancien maire (LR) de L’Haÿ-les-Roses, coche toutes les cases du macronisme avancé : libéral, autoritaire et déjà sous le coup d’une enquête pour prise illégale d’intérêts. D’après Le Monde, il aurait attribué des logements publics à ses collaborateurs. L’État récompense la compétence, dit-on.
Le ministre s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur Renaissance Guillaume Kasbarian, auteur de la très contestée loi « antisquat » – un texte salué par les propriétaires, honni par les associations et même critiqué par les rapporteurs de l’ONU.
Vincent Jeanbrun ne fait pas non plus dans la nuance. Dans un rapport titré « Réparer les quartiers. Rétablir la République », il propose la fin du logement social à vie, la limitation du parc HLM à 30% par commune, la possibilité d’expulser sans juge et même la condition d’un casier judiciaire vierge de dix ans pour espérer un toit. Une sorte de permis de logement pour « honnêtes gens ».
Comme beaucoup avant lui, le nouveau ministre veut « faire de la France un pays de propriétaires » et pour cela faciliter la vente massive des logements sociaux à leurs occupants. On sait ce que cela a donné au Royaume-Uni : la vente du parc social a précipité des millions de personnes dans la précarité.
Au début des années 2010, 9% du budget des ménages était consacré au logement. C’est désormais près du quart. Dans le malaise sur le pouvoir d’achat qui se dégrade, il y a la part exponentielle du logement.
Souvenons-nous pourtant : en 2017, le jeune candidat Macron promettait que « plus personne ne dormirait à la rue d’ici la fin de l’année ». Sept ans plus tard, il n’y en a jamais eu autant. Et, dès son arrivée au pouvoir, il retira cinq euros d’APL. Une petite économie pour l’État, une grande claque pour les bailleurs sociaux qui ont dû compenser. Depuis 2017, chaque année, ils se sont appauvris de 1,3 milliards d’euros. Un manque à gagner qui a abîmé toujours plus leurs capacités. On construit un peu plus de 300 000 logements sociaux par an : c’est 25% de moins qu’avant 2020. Résultat : il manque après de 350 000 logements sociaux et moins d’un demandeur sur dix en obtient.
Ce n’est pas seulement une question de budget. C’est une idéologie. Celle qui veut faire des classes populaires des suspects permanents, des assistés à contrôler, des logements à rentabiliser. Emmanuel Macron ne fait que prolonger le dessein de Nicolas Sarkozy et de Christine Boutin : réduire le parc social et le restreindre aux plus pauvres.
Au début des années 2010, 9% du budget des ménages était consacré au logement. C’est désormais près du quart. Dans le malaise sur le pouvoir d’achat qui se dégrade, il y a la part exponentielle du logement. Il faut une politique exactement inverse de celle proposée par le nouveau ministre – qui n’a pas été choisi par hasard. De cette politique là aussi, il faut se démarquer. Cet après-midi, le premier ministre va faire une déclaration de politique générale. Elle ne se réduira pas à la question de la suspension de la réforme des retraites. Elle sera globale et cohérente. Elle doit être censurée.


