Ce mois de septembre 2024 est celui d’un triste record puisque désormais, 2,7 millions de personnes sont en attente d’un logement HLM, soit 100 000 demandeurs supplémentaires sur 2023. Les hausses de loyers se cumulant à l’explosion des charges, une partie grandissante des ménages se retrouve en difficulté de paiement. Environ 900 000 ménages étaient ainsi en retard de paiement dans le parc social à la fin de l’année 2022. Le baromètre annuel de la pauvreté et de la précarité du Secours populaire, publié il y a quelques jours, montre que 62 % des Français a connu la pauvreté ou est sur le point de la connaître. Plus de 2000 mineurs ont effectué leur rentrée scolaire alors qu'ils dorment dans la rue avec leur famille.
Cette situation est purement indigne. Nous devons agir et mener une rentrée de combat, dans le prolongement des campagnes que la CNL a mené ces derniers mois.
Déjà, les amicales sont en action. C’est ainsi qu’à Nice, la CNL appelait le 7 septembre à manifester contre l’explosion des charges locatives. Mais c’est également le cas à Tours - où les militants sont engagés pour trouver un toit à Josiah, un écolier de 10 ans - et dans de nombreux départements, où ils sont déjà mobilisés contre la hausse des charges. La CNL a décidé de relayer ces mobilisations au niveau national et de les faire converger autour des revendications que sont le gel des loyers, la construction de logements sociaux et l’approfondissement de la loi SRU.
Dans quelques jours, la CNL sera à Montpellier pour le congrès national de l’Union sociale de l’Habitat (USH), grand moment de rencontre des acteurs et actrices du logement social, pour porter ces revendications et leur donner la place qui leur revient dans le débat public !
Nous n’y parviendrons qu’en investissant les cages d’escalier, multipliant les actions de proximité, agissions auprès des locataires, en multipliant les discussions et adhésions à la CNL.
Nous le savons tou·te·s, les mois qui s’annoncent vont être difficiles. En nommant Michel Barnier, Premier ministre, après un vrai-faux suspense de 2 mois, Emmanuel Macron ne règle aucune des urgences auxquelles notre pays est confronté. Pire son mépris du suffrage universel et sa volonté d’avancer coûte que coûte dans ses politiques de casse sociale et démocrates, plonge la France dans une crise constitutionnelle. Plus que jamais la CNL doit jouer être utile aux habitant·e·s au quotidien : de créer du lien social, défendre les droits locataires et mener la bataille pour que vivent et se développent le secteur HLM et la mixité sociale. Alors en cette rentrée 2024, engageons nous collectivement et de toutes nos forces pour entendre la voix des habitant·e·s.
À l’approche des Jeux olympiques, le nombre de locataires congédiés est en hausse en Île-de-France. Certains font le rapprochement avec l’augmentation de l’offre de locations touristiques. Pourtant, la pratique est interdite par la loi.
« Des clients qui récupèrent leur bien pour le mettre en location saisonnière ? On a que ça ! » s’exclame un agent immobilier du 19e arrondissement parisien. Ces derniers mois, plusieurs agences immobilières du nord de Paris constatent l’impact de l’arrivée des Jeux olympiques (JO), du 26 juillet au 11 août, sur leur activité.
« Sur des appartements de petites surfaces, énormément de clients n’ont pas renouvelé les baux de leurs locataires qui se terminent avant les Jeux olympiques. D’autres ont conclu des contrats de baux très courts qui prennent fin avant les JO, ou bien retirent leur logement de la vente pour le mettre en location saisonnière », explique l’employé.
Depuis un mois, Sonia* [1] attend ce SMS fatidique de son propriétaire : il doit lui annoncer si son bail pourra être renouvelé, ou si son logement sera mis en location touristique pendant les Jeux olympiques. Après un bail meublé étudiant, plus court qu’un bail meublé classique (9 mois pour un meublé étudiant au lieu d’un an pour un meublé classique), son propriétaire lui a fait part de son hésitation à le renouveler.
« Il m’a proposé de réfléchir à laisser mes affaires à la cave pendant qu’il loue l’appartement pour les JO, et de me reprendre en location avec un nouveau bail après », raconte l’étudiante de 19 ans. L’option n’arrange pas la jeune femme, qui devrait trouver un autre logement pendant la période estivale afin de poursuivre son stage dans la capitale.
Effet d’aubaine
Depuis septembre, les Agences départementales d’information sur le logement (Adil, des associations agréées pour informer sur les droits des locataires) d’Île-de-France enregistrent une augmentation progressive des congés de bail donnés par les propriétaires à leurs locataires. « Il y a un effet d’aubaine pour ceux qui veulent transformer leurs logements en meublés touristiques pour les Jeux olympiques », confirme Pierre-Louis Monteiro, chargé de mission à l’Adil de Paris.
A l’heure où la crise du logement sévit plus que jamais, que l’effort public pour le logement n’a jamais été aussi faible, que l’Etat ponctionne les bailleurs HLM avec la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS), que la France comptabilise 333 000 personnes sans domicile fixeet 2,5 millions de ménages en attente d’un logement social , l’ANRU, au travers du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU), puis du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), conditionne ses financements à la démolition de logements sociaux pour n’en reconstruire que beaucoup moins. Sont concernés par ces démolitions 175 000 logements sociaux dont des logement des Foyers jeunes Travailleurs, des Foyer Migrants , des résidences sociales..
Dans beaucoup de villes, quartiers où cette politique est engagée, la population est désemparée. La démolition détruit toute l’histoire d’une vie sociale ainsi que des liens de solidarité et d’entraide tissés tout au long de dizaines d’années. Devoir quitter son logement, c’est souvent une perte de repère, quitter un quartier auquel on est attaché, c’est aussi perdre ses amis ses voisins ses commerces.
À l’occasion des 20 ans de l’ANRU, nous appelons à un rassemblement devant le siège de l’ANRU à Pantin le mercredi 7 février à 10h30 Place de la Pointe (métro Eglise de Pantin)
Nous souhaitons rappeler aux représentants de l’ANRU leurs missions d’origine, et de renouer une écoute des habitants en acceptant un moratoire immédiat sur toutes les démolitions programmées.
Tous ensemble, mobilisons-nous en nous opposant aux démolitions à tout va, et exigeons la réhabilitation et la rénovation énergétique des logements.