Paul Varry avait 27 ans, il venait de Saint-Ouen, et militait pour les droits des cyclistes, dont il était, à l'association Paris en selle. Il est mort mardi après avoir été renversé volontairement par une voiture, sur le boulevard Malesherbes à Paris, qui lui avait barré la route en lui refusant la priorité. Pour avoir tapé sur le capot de la voiture en signe de colère, Paul Varry est mort. L'automobiliste, hors de lui, l'a sciemment percuté et écrasé.
Le suspect, qui a été placé en garde à vue et vient d'être mis en examen pour meurtre, accuse sa victime de "l'avoir terrorisé". Pardon ? Qui terrorise qui, exactement, lorsqu'un chauffard tue un cycliste ? Qui est considéré comme usager vulnérable selon le code de la route ?
Ce suspect, dont le Parisien trouve utile de préciser qu'il est "père de famille", comme si ça le dédouanait de quoi que ce soit, nous est décrit comme "la caricature du chauffard parisien" : "Pressé, énervé, pestant contre les embouteillages et la maire de Paris Anne Hidalgo, multipliant les infractions pour gratter quelques secondes et foncièrement remonté contre tous ces cyclistes qui « font un peu n’importe quoi sur la route »." C'est sa version à lui, mais elle est reprise presque sans guillemets, rendant bien trop léger le qualificatif du journal, qui juge cette version "catastrophique". La caricature du chauffard parisien : tout à fait. Mais c'est la caricature, aussi, de la masculinité toxique, celle qui ne contrôle pas ses émotions, celle qui tabasse et qui tue, les femmes et les minorités comme les cyclistes. Mais cet aspect-là, la presse ne s'y intéresse pas.
Et pendant que les médias s'évertuent, encore et toujours, à ne pas voir que cette violence, dans sa colossale majorité, c'est encore et toujours celle des hommes, sur la télé Bolloré et dans la presse d'extrême droite, le sujet qui s'est imposé, à la mort terrible et absurde de Paul, c'est celui du "dialogue impossible" entre voitures et cyclistes. Comme si vélo et un SUV étaient à armes égales.
Sur CNews, là où un suspect pour meurtre sous OQTF devient un symbole des "dangers de l'immigration", ici, pas d'enjeu politique, pas d'analyse sociétale de la mort de Paul. Chez Bolloré, il n'y a rien à gagner politiquement à questionner la toute-puissante bagnole. Le 17 octobre vers 12h30, Sonia Mabrouk parle d'un "différent sur la route" et de la "cohabitation" entre conducteur·ices et cyclistes, "rendue impossible par la maire de Paris". Dans le doute, c'est bien connu : hurlez que c'est la faute d'Anne Hidalgo, qui "voulait une capitale mondiale du vélo". "Et vous savez comment c'est appelé : la «mobilité douce», pour des comportements beaucoup moins doux, parfois même barbares..." ose Sonia Mabrouk.
Regardez CNews ce 17 octobre sans contexte, et vous éteindrez la télé persuadé·e qu'un cycliste a tué un automobiliste, et non l'inverse. Sur le plateau de Sonia Mabrouk, personne pour s'indigner de la mort de Paul. Selon un syndicaliste policier (qui n'a aucune expertise spécifique en circulation urbaine mais qui a son rond de serviette sur CNews), "les gens pètent des câbles" - mais attention, les gens, ce ne sont pas ceux qui risquent de se faire écraser par un SUV. Les "vélos" - on ne parle pas de "cyclistes" ici - sont-ils seulement des gens ? Ceux qu'on plaint sur CNews, ceux avec qui l'on s'identifie, ce sont ceux derrière un volant, dont on excuse volontiers le comportement puisqu'après tout, c'est la "cacophonie totale" : "Il y a des trottinettes qui vous passent devant, des vélos, vous êtes toujours tendu..."
Bref : en démocratie, il faut partager l'espace public avec d'autres personnes, et ça, pour les médias Bolloré, c'est inacceptable. Plutôt justifier la violence et déshumaniser ceux et celles qui en sont victimes. Paul est mort, et CNews est à deux doigts d'applaudir l'homme mis en examen pour son meurtre.
Pauline Bock, du site https://www.arretsurimages.net/
Interview de Christian, de Bondy écologie (membre de France Nature Environnement) à propos des travaux sur la ligne 15 et de l’enquête publique.
- La ligne 15 du métro du Grand Paris doit s’implanter à la gare RER de Bondy. Pourquoi une enquête publique a-t-elle lieu ?
Cette enquête a lieu parce qu’une contestation des associations a gagné au Tribunal Administratif de Montreuil. Cette enquête doit permettre d’éclaircir les choses.
- Qu’est-ce qu’une enquête publique ?
C’est une procédure adressée aux personnes concernées sur le lieu pour faire le point sur les inconvénients et les problèmes posés par les travaux qui vont avoir lieu.
Un certain nombre de problèmes sont posés par le transport du béton, par exemple.
- Une centrale à béton devait être implantée en face de la crèche Janusz Korczak, derrière la gare. Ce n’est plus le cas . Qu’est-ce qui est prévu à la place ?
La centrale à béton a effectivement été supprimée mais la passerelle des piétons va être équipée d’une bande transporteuse pour évacuer les déblais et le long de cette bande transporteuse, une canalisation va être construite parallèlement. Des camions toupies avec du béton prêt à l’emploi vont approvisionner le chantier en arrivant sur la zone déportée (de l’autre côté de la gare).
- Quel problème se pose pour le pont Jules Ferry de la gare ?
Le pont Jules-Ferry est limité à 3,5 tonnes depuis très longtemps mais apparemment cela a été un peu oublié. Mais les camions vont passer sur le pont de Pavillons-sous-Bois qui ressemble au pont bondynois et il faudrait vérifier s’il peu résister aux contraintes qui vont lui être imposées.
- Quel problème se pose pour la passerelle pour les gens à mobilité réduite, poussette et fauteuil roulant notamment ?
C’est justement tout le problème : cela ne fait pas partie de l’enquête actuelle ! Ainsi, pour les personnes à mobilité réduite, il n’y a pas de solution ! La passerelle leur permettait le franchissement de la voie ferrée.
- Est-ce qu’il y a d’autres solutions pour le transport des déblais du chantier ?
Oui ! Le collectif et les associations ont fait de nombreuses propositions pour utiliser les voies ferrées et utiliser une zone qui est sous l’autoroute et qui remplacerait la zone déportée prévue. Mais ces solutions n’ont jamais été retenues. Une autre solution serait le creusement du tunnel entre la gare de Bondy et le pont de Bondy pour évacuer les déblais vers le canal de l’Ourcq à côté du pont de Bondy. Aucune de ces solutions n’a été retenue par la SGP.
- Où les citoyen.ne.s peuvent-ils et elles donner leurs remarques pour cette enquête publique ?
L’enquête publique comporte 2400 pages et on peut se demander comment les habitants peuvent s’emparer d’un tel document. Mais cela n’empêche pas de faire des remarques. Il y a deux solutions.
Soit vous vous rendez aux permanences tenues par une commissaire-enquêteur à la mairie de Bondy soit le 2 octobre, soit le 11 octobre (de 14 heures à 17heures).
Il existe aussi un registre public sur lequel on peut écrire à tout moment. Voici le lien : https://www.registredemat.fr/ep-regul-gare-bondy/deposez-votre-observation-en-ligne
Mais l’enquête se termine le 11 octobre à 17heures.
Il y a besoin que les citoyens s’expriment, c’est nécessaire et important. Prenez les choses en main !
L’extension du parking payant à toute la ville met les automobilistes dans une situation difficile. Si dans une même famille, il y a plusieurs adultes, et plusieurs voitures, la troisième voiture ne peut pas avoir d’abonnement annuel et le coût du stationnement revient alors à 50 euros par jour ! Le maire a voulu répondre au ras-le-bol des quartiers pavillonnaires, exprimé notamment dans les conseils de quartier. Mais il n’est même pas certain que ceux qui exigeaient le stationnement payant avant soient satisfaits aujourd’hui quand ils doivent garer leur troisième véhicule…
Quel est le problème ? La place de la voiture est trop importante, elle obligerait à consacrer trop de place au parking dans les villes.
La solution est « plus compliquée que cela », comme on dit. Ce serait de développer les transports en commun et de construire des logements accessibles, en particulier HLM, là où les gens travaillent, c’est-à-dire à Paris et à l’ouest de la région parisienne.
Le stationnement payant a résolu certaines difficultés signalées par les riverains, comme les véhicules ventouses, la privatisation de rues par des garagistes peu regardants ou l’inoccupation des garages par les propriétaires de pavillons.
Mais sous couvert de répondre à une demande de la population, il y a eu une explosion des zones payantes qui ressemble plus à une volonté de faire rentrer de l'argent.
Une concertation plus importante et une étude plus fine aurait certainement apporté une réponse moins systématique. Car une fois de plus, les citoyens sont tenus éloignés des décisions qui les concernent, ils subissent. Et au lieu de décider de leur ville, ils en sont réduits à laisser le maire réfléchir et agir puis à protester.