Lettre ouverte d’un animateur bondynois

Nous avons reçu cette lettre ainsi que Mme Thomassin, maire et M. Ostrée, directeur général des services municipaux. Elle est intitulée « Vous n’achèterez pas la paix sociale en vous payant la jeunesse ». Tout est dit dans le titre ou presque…

Nous en donnons les principaux extraits, en enlevant les noms reconnaissables...

« 2012 approche avec son lot de prédictions et d’annonces apocalyptiques aussi mystiques et comiques les unes que les autres. Cependant une fin prévisible et visible de tous, se joue sous nos yeux dans notre ville de Bondy : Celle de la jeunesse…

« La jeunesse on ne la vie qu’une fois et on se la remémore tout le reste de notre vie, » cette maxime n’a plus lieu d’exister dans notre communauté. La jeunesse est devenu une période difficile que tout jeune souhaite surmonter du mieux qu’il le peut.

Madame le Maire et Monsieur le Directeur Général des Services, les outils pour aider et faire vivre la jeunesse existent mais ils sont entre des mains incompétentes et bureaucratiques.

En effet en poste depuis plusieurs années au Service Jeunesse, je vois peu à peu les jeunes se détourner de nos structures pour errer dans les rues et les halls de notre ville. J’ai alerté mon responsable de la situation. »

L’auteur signale que les diplômes des responsables ne dépassent pas le BAFD et qu’ils « ne peuvent venir en aide à une jeunesse issue de quartiers difficiles et au niveau de vie bas ».

« Là où nous devrions avoir les meilleurs dans le domaine, nous nous contentons de ceux qui sont là, pour la seule et unique raison qu’ils habitent le quartier et qu’ils sont «  la depuis longtemps ». »

« Le machisme quotidien ne laissant guère de place aux femmes parmi eux (tous les directeurs sont des hommes) ». 

« La seule et unique question que je me pose Madame, Monsieur, c’est pourquoi laissez-vous l’avenir de centaines de jeunes aux mains d’une poignée d’individus dont la principale préoccupation et de savoir s’il faut emmener les jeunes au bowling ou au cinéma ??

Etant moi-même en poste en ce moment, (…) je ne puis me permettre de divulguer mon identité. Cependant la démocratie m’impose de vous permettre, si vous le souhaitez, de répondre à l’adresse suivante, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Aidez la jeunesse, aidez-nous, aidez-moi… »

 

Nous pouvons faire plusieurs remarques d’ores et déjà…

 

Il y a lieu de travailler à des propositions concrètes envers la jeunesse. Bondy autrement prendra prochainement une initiative en ce sens, dans le souci de protéger l’anonymat des personnels communaux qui craignent d’être réprimés.

 

Il est vrai que  nous avions eu l’occasion de dénoncer l’insuffisance de la municipalité par exemple pour l’aide aux devoirs (AEPS) qui a été réduit de moitié il y a plusieurs années sans que jamais il ne soit prévu de redéployer l’activité dans ce domaine. La maire nous avait répondu en ricanant au conseil municipal en citant la Maison de la Jeunesse et des Services Publics (qui ne fait pas cette activité !).

On se rappellera que Mme Thomassin avait eu l’occasion d’écrire un article où elle laissait clairement entendre que certains jeunes de Blanqui étaient des « macaques ». Nous partons de loin ! En partant de si loin, parviendra-t-on à l’idée que le dialogue avec la jeunesse peut permettre de mieux déterminer les besoins de la ville ?

Enfin, le recours à l'anonymat est inquiétant et révélateur de conditions de souffrances au travail dont la maire est responsable, en tant que "patronne" des employés communaux. Il n’y a qu’en s’organisant collectivement que les salariés pourront faire respecter leurs droits, à visage découvert.

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