Au nom de Bondy autrement, je vous souhaite une bonne année, santé et succès dans vos projets. Mais comme toujours, il dépendra de nous d’agir ensemble pour que nos vœux se réalisent. Comment obtenir la santé sans exiger des moyens pour l’hôpital public, par exemple ? Comment obtenir pour nos enfants la réussite scolaire sans exiger les moyens pour l’école ?
Et puisque l’on parle de la santé, Bondy autrement a interpelé de nouveau cette année le maire sur les gaz hilarants, il nous a d’ailleurs répondu, même si sa réponse n’est pas à la hauteur du problème de santé publique. De même, nous avons relayé le mois « Octobre rose » contre le cancer du sein, mais nous avons aussi dénoncé une année noire pour la santé publique avec la perte de nombreux praticiens dans la ville et la réduction progressive de Jean-Verdier.
Bondy autrement a poursuivi en 2025 la mobilisation pour la cantine gratuite, en organisant un débat, notamment. Même si la question a fait l’objet d’un conseil municipal spécial, nous n’avons obtenu qu’une baisse de 28 % du prix de la cantine : cela ne fera pas augmenter le nombre d’élèves qui y mangent. Le maire n’a donc rien compris, ou plutôt la mobilisation n’a pas été suffisante pour obtenir gain de cause. Il faut dire que nous avons été bien seuls à agir, même si maintenant plusieurs candidats reprennent notre proposition.
Même si nous n’avons plus d’élu.e au conseil municipal, cela ne nous empêche pas d’être actifs et de pouvoir remporter des victoires, même partielles, quand les habitants sont mobilisés. Cela a été le cas sur le tarif de cantine, c’était le cas aussi quand l’eau est redevenue publique. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’assister à la réunion en mairie où les élus de la majorité municipale ont montré qu’ils ne comprenaient pas le prix de l’eau. On voit que le maire a été contraint d’accepter que l’eau soit publique mais que cela gêne sa vision de droite même si c’est mieux pour les usagers. On ne les trouvait pas si critiques quand VEOLIA plumait les Bondynois !
Nous avons relayé cette année encore les mobilisations locales : celles de Jean-Renoir qui a obtenu quelques heures supplémentaires et qui luttait pour éviter les classes surchargées dans les filières technologiques, ou les personnels de la mairie, notamment dans les écoles, soumis à une surcharge épouvantable de travail.
Les locataires aussi se sont mobilisés : contre les charges démesurées, à tel point que le bailleur Est Ensemble Habitat semble attendre après les élections pour annoncer les mauvaises nouvelles à la plupart des cités. Les locataires se sont aussi mobilisés lors des fausses concertations sur les rénovations urbaines à Blanqui, Bondy-nord ou le Potager où le bailleur décide sans les habitants. Notre projet de faire élaborer les rénovations par les locataires et de démocratiser les services publics vient de notre constat que même un projet d’amélioration se retourne contre les habitants quand ils sont tenus à l’écart.
Être citoyen.ne, c’est évidemment se mobiliser, mais cela demande d’abord de réfléchir. Nous avons ainsi poussé la réflexion sur la gratuité, sur la décomposition du prix de l’eau, sur le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUI), sur le budget 2025 de la mairie mais aussi sur les conditions techniques des travaux de la ligne 15, et même sur les statistiques de l’INSEE pour établir le nombre de Bondynois. À chaque fois, nous sommes étonnés de voir combien des citoyens engagés peuvent être mieux renseignés que les élus eux-mêmes, qui se contentent de voter comme leur patron.
C’est un autre projet qu’il faut pour la ville. Nous le percevons dans des exemples très immédiats, quand une « sulfateuse » met des amendes pour le stationnement payant mais que les personnes à mobilité réduite sont empêchées de passer sur les trottoirs. L’argent à la place des gens. De même, quand par des températures très froides, des gens sont à la rue, des familles avec des enfants scolarisés, la réponse administrative des pouvoirs publics doit nous révolter.
Dans un pays parmi les plus riches au monde, on nous explique encore que refaire le pont de la gare coûte trop cher, donc les gens doivent traverser pour prendre le 346 de l’autre côté, pendant que les poids lourds continuent à rouler sur le pont avec le risque de provoquer un drame.
Nous laisserons dans un instant la parole aux associations, comme nous le faisons toujours parce que c’est pour nous la ciment de la société. De ce point de vue, on ne peut qu’être attristés de la fin de l’association « Bondy écologie » avec qui nous intervenions contre les nuisances de la ligne 15 ou précédemment contre la vente du garage municipal ou encore pour défendre les résidents de l’ancienne clinique Michelet. La vie associative repose sur le bénévolat, c’est totalement le cas pour Bondy autrement aussi, et nous ressentons douloureusement la perte de notre camarade Jean Boileau, il y a quelques semaines, qui avait consacré une partie de sa vie à animer des associations.
Bondy n’est évidemment pas coupée de la politique nationale. Nous sommes inquiets des restrictions des libertés publiques, de la captation des chaînes de désinformation continue par l’extrême-droite et des budgets en faveur des milliardaires qui se succèdent d’années en années. Cela impacte évidemment la société, les services publics et l’égalité entre les citoyens tout simplement.
C’est ainsi que nous ressentons ici le durcissement des conditions pour résider en France : des gens qui vivent à Bondy depuis des décennies se retrouvent sans papier, des salariés indispensables dans les hôpitaux, les restaurants ou le bâtiment sont confrontés au système informatique de la préfecture et se retrouvent encore plus précarisés alors qu’ils sont indispensables. Le gouvernement ne veut pas les expulser tous : ils sont indispensables, le but est de les fragiliser encore et de donner des gages aux racistes. Le gouvernement a décidé d’opposer les travailleurs entre eux pour éviter d’améliorer les droits sociaux, comme la retraite, les services publics, le temps de travail ou les salaires.
2025 aura été marqué par la poursuite du génocide des Gazaouis. Nous avons appelé aux manifestations qui se déroulaient à Paris, et y avons participé, même s’il faut reconnaître que la mobilisation locale n’a pas été à la hauteur des enjeux. La France a enfin reconnu l’État de Palestine à l’ONU mais il a fallu encore manifesté contre le salon d’armements ouvert à l’État d’Israël.
Nous évoquons d’ailleurs dans notre programme la coopération avec Al-Rahm, ville palestinienne jumelée à Bondy. Tous les débats, toutes les actions que nous menons, se retrouvent dans notre programme, qui est le fruit de ces réflexions et de ces mobilisations : les pistes cyclables, les demandes des jeunes (que nous avons recueillies aux Assises de la mairie ou au forum des associations sur notre stand), la santé, les copropriétés dégradées, le manque de matériel à l’école.
L’année 2026 qui commence comportera évidemment un enjeu important : les élections municipales. Bondy autrement présentera une liste citoyenne, comme elle le fait depuis 2008. Notre programme est connu : nous voulons une vraie démocratie, un projet social et écologique. Nous refusons de participer aux négociations pour les plaplaces auxquelles tous les autres candidats annoncent déjà qu’ils se livreront. Nous ne ferons pas de fusion avec d’autres listes : nous défendons un programme. Le reste dépendra de la mobilisation des habitantes et des habitants. Dans les urnes et dans la rue.